007 - Partie 1 - Chapitre 7 : Lunes de miel


ATTENTION
Ce chapitre comprend des scènes destinées à un public adulte.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Paris, le 14 septembre 1917
Quand ils arrivèrent à l'hôtel, il furent conduits avec discrétion dans la suite du dernier étage de l'hôtel. Après avoir passé le vestibule, Candy entra dans un immense salon. Des panneaux de bois peint ornaient les murs dans des teintes subtiles. Les tentures de soie habillaient la pièce avec goût donnant une atmosphère harmonieuse et accueillante qui reflétait parfaitement l'élégance française. Les grandes fenêtres s'ouvraient sur une immense terrasse qui donnait une vue magnifique sur Paris, la Concorde et les Invalides.

Candy s'avança avec émotion sur la terrasse, bouleversée par la magie des instants qu'elle vivait. Elle se sentait terriblement nerveuse à l'idée de la nuit qui s'annonçait. Ses études et son métier d'infirmière lui avaient donné une connaissance très académique de ce qui aller se passer mais son cœur lui chantait une toute autre musique. Elle le sentait s'affoler à mesure que les secondes s'écoulaient. Cette extrême tension était née quand ils étaient entrés dans l'hôtel et qu'elle prit conscience de ce qui les attendait. Tout cela était bien réel, Terry était désormais son mari et elle s'apprêtait à devenir sa femme au sens biblique du terme.

Terry ferma la porte de la suite et se dirigea vers Candy. Elle était sur la terrasse et lui tournait le dos, admirant la vue qu'ils avaient depuis le balcon. Tout avait été parfaitement organisé par Eléonore, les lumières tamisées donnaient à la pièce une ambiance romantique. Des lys blancs embaumaient la suite de leur parfum capiteux. Il sortit sur la terrasse, s'approcha d'elle et passa ses bras autour de sa taille. Elle se laissa aller contre lui et posa ses mains sur les siennes.

  • As-tu faim, ma chérie ? lui demanda-t-il doucement. J'ai vu qu'il y avait plein de bonnes choses sur la table : des fruits frais... du champagne...
  • Je crois que je suis trop tendue pour avaler quoi que ce soit, lui dit-elle à voix basse. Et puis j'ai mangé avant la représentation de ce soir. Mais ne t'occupe pas de moi et mange ce que tu veux, ajouta-t-elle.
  • Tu accepterais de prendre un peu de champagne pour fêter ce moment avec moi.
  • Avec plaisir, dit-elle doucement, cela me rappellera la nuit où je t'ai vu pour la première fois. On m'avait offert du champagne et je crois que ça m'a tourné la tête... à moins que ce ne soit toi.

Elle se tourna pour rencontrer le regard iridescent de Terry et elle frémit sous la vague d'émotions qui la submergea. Il prit cela pour un frisson de froid et la prit par les épaules pour l'accompagner dans le grand salon.
Elle s'installa sur le canapé pendant qu'il remplissait des flûtes de champagne. Il s'approcha d'elle et lui tendit une flûte avant de prendre place à ses côtés.

  • Je t'aime madame Candice Grandchester, dit-il en trinquant avec elle.
  • Moi aussi, monsieur Terrence Grandchester, répondit-elle en rougissant.

Il goûtèrent le breuvage pétillant sans se quitter des yeux. Quelques minutes plus tôt, elle lui avait avoué qu'elle était tendue et Terry se rappela que pour elle, ce serait la première fois.
Il se sentit remué et inquiet de la savoir effrayée par ce qui allait se passer entre eux durant cette première nuit qu'ils passeraient ensemble. Il la désirait depuis si longtemps qu'il craignait que son impétuosité ne la terrorise. Il se devait de la mettre à l'aise et de la rassurer.
Il se leva pour déposer sa flûte et se tint debout face à elle, la main tendue.
Elle prit sa main avec un regard interrogateur et se leva à son tour. Il l'attira contre lui pour déposer un doux baiser sur sa bouche. Quand leurs lèvres se séparèrent, la jeune femme enfouit son visage dans le cou de son mari en le serrant contre elle.

  • Candy, mon amour, mon ange, lui murmura-t-il très doucement en glissant un doigt sous son menton pour qu'elle le regarde, je te fais la promesse de prendre soin de toi, d'être doux, tendre et attentionné. J'imagine que tu dois te sentir effrayée, apeurée mais je peux te jurer que tu n'auras rien à craindre de moi. Jamais. Et si tu ne veux pas... si tu ne te sens pas prête ce soir à...

Elle avait les yeux levés vers Terry. Elle lui sourit et posa sa main sur sa bouche pour le faire taire avant de l'entourer de ses bras.

  • Je n'ai pas peur de toi, Terry, répondit-elle dans un murmure. Je suis peut-être un peu nerveuse, très nerveuse en vérité, mais je n'ai pas peur.

Elle lui souriait tendrement et il en fut très ému. Il finit par l'entrainer vers la chambre, décorée avec goût dans un style Louis XV, comme le reste de la suite. Un feu y avait été allumé et crépitait dans la cheminée se reflétant dans la chevelure de Candy comme autant de petits feux follets.

Il n'alluma pas la lumière, se contentant de l'ambiance romantique créée par les flammes et les lumières de la ville qui scintillaient à la fenêtre. Elle était dans ses bras, tout contre lui et elle leva les mains pour entourer son cou comme une nouvelle invitation à l'embrasser.
Il se pencha vers elle pour caresser sa bouche d'un doux baiser, embrassant ses lèvres l'une après l'autre avec une lenteur et une délicatesse infinie. Candy gardait les yeux fermés, bouleversée par le flot de sensations qui déferlait en elle, sans se douter que Terry ressentait pour elle un désir d'une intensité similaire. Elle entrouvrit les lèvres sans même en avoir conscience, invitant son mari à approfondir son baiser, le laissant envahir sa bouche en une caresse intime et possessive.

Terry était complétement retourné par la façon dont elle s'abandonnait à lui, en toute confiance. Elle le désirait, il le sentait mais il devait freiner ses pulsions pour ne pas blesser l'innocence de sa jeune épouse. Il laissa sa bouche glisser sur son menton, puis vers le cou de Candy, à cet endroit qu'il savait désormais si sensible.
Elle portait un long manteau de satin par-dessus sa robe dont il dénoua les attaches et qui glissa par terre dans un bruissement soyeux. Il entendait sa respiration s'accélérer et elle frémissait sous ses caresses.
Il reprit possession de sa bouche alors qu'elle lui ôtait sa veste. Il ne se détacha d'elle que pour desserrer sa cravate et elle baissa la tête en rougissant sous son regard brûlant.

Comment pourrait-elle survivre à ce qui allait suivre alors que le simple regard de Terry posé sur elle lui faisait traverser des océans de volupté. Et ces senstions encore inassouvies torturaient son cœur et son corps. Il avait toujours eu ce troublant pouvoir sur elle qui n'avait fait que croître depuis qu'elle l'avait enfin retrouvé. Mais maintenant, elle craignait de fondre ou d'exploser sous la puissance des battements de son cœur. Son sang battait furieusement à ses tempes et le désir montait de son ventre jusqu'à sa poitrine en vagues successives d'intensité croissante.

Terry prit les mains de Candy qu'il posa sur son torse lui intimant par le regard de déboutonner sa chemise. Des bouffées d'amour profond l'envahirent en constatant la timidité avec laquelle elle accomplissait cette tâche, tout à la fois tendre et concentrée sur chacun de ses gestes.
Il sourit en la regardant faire et la prit par la taille pour la garder contre lui. Sentir ses doigts qui courraient sur lui alors qu'elle effleurait sa peau au fur et à mesure qu'elle écartait les pans de sa chemise était pour lui une expérience infiniment délicieuse, une torture incroyablement érotique.
Ses mains remontèrent dans le dos de Candy et il entreprit de déboutonner à son tour les dizaines de boutons de sa robe, maudissant intérieurement les couturiers qui avaient créé un tel supplice.

Elle ne le quittait pas des yeux et posa ses mains sur le torse de son mari. Candy découvrait la chaleur et la douceur de sa peau, l'odeur musquée qui se dégageait de lui. Elle promenait ses doigts sur lui, explorant le corps de son mari, éprouvant le plaisir de sentir ses muscles élancés bouger sous sa peau. Elle embrassa son torse, inspirant profondément pour s'imprégner de l'odeur de Terry.

Candy frémit dans l'attente insoutenable de ce qui allait suivre, les mains de Terry glissaient dans son dos alors que ses lèvres allait et venait dans son cou, sur sa gorge provoquant en elle des frissons d'un plaisir nouveau. Elle ferma soudain les yeux, envahie par un violent désir qui déferla en elle avec force, alors que la bouche de Terry glissait sur ses épaules dénudées. Elle laissa échapper un long gémissement venu du plus profond de sa gorge.

Terry releva la tête pour regarder Candy alors qu'il faisait tomber sa robe à terre ; elle rouvrit les yeux et baissa la tête en rougissant violemment, soudain gênée par sa quasi-nudité. Il glissa un doigt sous son menton pour l'obliger à le regarder.

  • Regarde-moi, mon ange, regarde-moi et lis dans mes yeux, murmura-t-il à Candy. Tu es belle, infiniment belle et désirable. Tellement belle que ce que je vois en cet instant dépasse de loin tout ce que j'avais imaginé dans mes rêves les plus fous. Parce que tu envahis mes rêves, Candy, tu envahis mes pensées et mes rêves depuis de longues années. Que je le veuille ou non. Tu envahis mes rêves depuis cette nuit brumeuse sur le bateau où ton regard d'émeraude a dérobé mon cœur. Ne crains pas mon regard, Candy, il est émerveillé par ce qu'il voit.

Candy était bouleversée par la sincérité qu'exprimait Terry, tant dans ses gestes, ses paroles que son regard. Il ne bougeait plus, semblant guetter dans ses yeux l'approbation de la jeune femme pour continuer. Elle ressentait sa nervosité, son inquiétude, son attente.
Elle leva la main vers lui, faisant glisser ses doigts sur sa peau avant de lui ôter complètement sa chemise. Elle sentait les battements du cœur de Terry qui s'affolait sous ses doigts. Elle s'approcha de lui et déposa de doux baisers sur la peau frissonnante de son mari, retrouvant les zones sensibles qu'elle avait découvertes un instant plus tôt.

Terry n'en pouvait plus, elle venait d'allumer un incendie dont le brasier lui dévorait les sens. Il releva à nouveau le menton de Candy et plongea sa langue dans la bouche de sa femme exprimant ainsi le désir sans limites qu'il avait d'elle. Ses mains volaient sur son corps en une multitude de caresses qui la firent chavirer totalement. Elle s'agrippa à lui, se rendant complètement aux exigences de son corps qui se plaqua contre celui de Terry, arrachant à son époux un sourd gémissement.

Il la souleva dans ses bras et l'entraîna vers le lit où il la déposa délicatement avant de se pencher sur elle. Sous l'ardeur de son regard, elle se sentit femme, sensuelle et désirable et tendit les bras pour l'attirer vers elle ; ils plongèrent ensemble dans un délice de baisers et de caresses voluptueuses. Il se redressa pour faire glisser avec une grande délicatesse les bretelles de sa combinaison, embrassant chaque centimètre de peau qu'il découvrait.
Ses seins lui apparurent finalement et il s'arrêta un instant pour contempler les globes généreux qui se soulevaient au rythme de sa respiration saccadée. Il en caressa doucement les pointes avec la paume de sa main avant de les prendre tour à tour dans sa bouche, arrachant à Candy des gémissements de plaisir. Il les caressait de sa langue et de ses dents éprouvant le plaisir simple de sentir le corps de sa femme se cambrer sous la délicieuse torture qu'il lui infligeait.
Puis il reprit sa lente exploration et Candy souleva les hanches pour lui permettre de dégager le vêtement qu'elle conservait encore. Sa bouche et sa langue dessinaient sur son ventre de tendres arabesques alors que ses mains effleuraient ses cuisses, provoquant chez Candy des tremblements de passion.
Quand la main de Terry remonta l'intérieur de sa cuisse jusqu'à rejoindre l'endroit où ses jambes cessaient d'être deux, il s'aperçut avec délices qu'elle était prête à le recevoir. Il caressa avec une douceur infinie la zone la plus secrète de son corps, lui arrachant de profonds gémissements qui provoquèrent chez lui d'ardentes bouffées de désir.
Et quand sa bouche et sa langue se posèrent sur le petit bouton de chair que cachait l'écrin soyeux de sa féminité, Candy ne put retenir un hoquet de surprise qui se transforma en une électrisante sensation de plaisir. Elle cria le nom de Terry sans même en avoir conscience, chavirée par ses propres sensations.
Pour la première fois de sa vie, il donnait du plaisir à la femme qu'il aimait et l'acte d'amour prenait une toute autre dimension qui décuplait ses propres sensations. Il remonta vers elle, parsemant son corps aux courbes voluptueuses de mille baisers.

Candy se tordait de plaisir sous ses tendres démonstrations d'amour et ses mains cherchèrent avec avidité le contact de la peau de Terry, comme un prolongement des mots d'amour qu'elle lui murmurait. Elle le caressait avec une sorte de folle envie, cherchant avec délectation à enflammer le corps de son mari des mille feux qui la consumaient.
Mais Terry finit par la lâcher pour se relever. Il termina de se dévêtir sous le regard brûlant de sa femme qui découvrait pour la première fois le corps nu de son mari, découvrant par la même occasion l'ardeur insolente du désir qu'il avait pour elle. Alors qu'il finissait d'ôter ses derniers vêtements, elle se releva et s'agenouilla sur le lit pour lui faire face.

Il la regarda s'approcher, profitant de la vision que lui offrait la déesse impudique qu'il n'aurait jamais imaginé trouver en Candy quelques instants plus tôt.
Sans le quitter des yeux, elle posa ses mains sur le corps nu de son mari, caressant et dessinant les muscles tendus que ses doigts rencontraient, descendant sur son ventre. Quand il sentit sa main effleurer son sexe, il crut exploser et attrapa les mains de sa femme.

  • Candy, mon amour, ne fais pas ça, c'est trop... intense... lui marmonna-t-il en la renversant sur le lit.

Il s'allongea sur elle et le contact de leurs peaux l'une contre l'autre les renvoya à un torrent de désir qu'il ponctua de baisers. Il sentait le corps de Candy épouser lascivement le sien, s'émerveillant encore une fois de l'accord parfait qui les unissait. Il se redressa sur ses bras, regardant Candy dans une muette interrogation à laquelle elle répondit aussitôt.

  • Terry, murmura-t-elle d'une voix sourde, aime-moi...

Il l'embrassa avec une profonde émotion, ravivant le feu qui couvait en elle. Quand il glissa doucement en elle, il sentit une légère résistance qui céda, provoquant chez Candy une réaction de surprise. Il s'arrêta aussitôt de crainte de devenir un instrument de douleur alors qu'il n'espérait lui donner que du bonheur.
Elle s'accrocha à lui, s'habituant peu à peu à sa présence en elle. Comme il ne bougeait plus, elle prit son visage entre ses mains, réclamant sa bouche avec avidité, sentant ses propres hanches se mouvoir contre lui. Il s'enfonça en elle presque malgré lui et sentit le corps de Candy s'enrouler autour de lui, s'accordant au sien en une valse langoureuse alors qu'un torrent d'amour déferlait en lui.
Chacun de leurs mouvements n'était que l'expression ultime d'un amour qui n'attendait que la consécration physique. Leurs cœurs et leurs corps s'accordaient en une symphonie de plaisirs infinis, de mots d'amour murmurés, de soupirs mêlés et de gémissements incontrôlables. Le plaisir qu'éprouvait Candy à ce moment dépassait tout ce dont elle avait pu rêver et atteint son paroxysme en une explosion qui la fit s'arque-bouter violemment contre lui. L'intense plaisir qui montait en vagues de son ventre venait de submerger sa poitrine, lui révélant des territoires de plaisir infini dont elle n'aurait jamais pu soupçonner l'existence.
La seule vision de Candy, la tête renversée, criant sa jouissance sans retenue, fit se contracter les reins de Terry qui ressentit à son tour une intense décharge de plaisir. Il s'abattit sur elle en poussant un long gémissement rauque et elle le reçut dans ses bras dans une étreinte infiniment tendre.

Il se laissa glisser à côté d'elle en l'attirant contre lui avec douceur. Il venait de découvrir le goût du paradis après avoir erré en enfer durant si longtemps et il ne serait plus jamais question de la perdre. Alors que son souffle reprenait un rythme plus régulier, Candy commença à déposer une série de baisers sur la poitrine et le cou de son mari tout en se lovant contre lui.
Il resserra son étreinte et embrassa ses cheveux. Ils reprenaient petit à petit conscience du monde qui les entourait et Candy frissonna. Terry se leva alors du lit et lui tendit la main en souriant mais il la vit rougir violemment.
D'abord surpris, il comprit très vite que sa pudeur et sa timidité avaient repris leur pouvoir sur elle.

  • Candy... dit-il doucement, je croyais avoir épousé une jeune femme audacieuse à qui j'ai ouvert mon âme, offert mon cœur, mes désirs les plus secrets, les plus intimes. Il y a quelques instants, tu m'as offert la même chose... N'aie pas honte de toi ou pire encore, de moi !... Allez, viens.

Il la regardait avec tant de tendresse et d'amour que ses barrières tombèrent instantanément et elle prit sa main pour se lever et le rejoindre.
  • Voilà qui est mieux, lui dit-il en l'embrassant doucement et la serrant contre lui. Je vais te le dire une seconde fois : jeune déesse, tu devrais savoir que tu es un enchantement à mes yeux.

Il desserra son étreinte et ouvrit les draps avant de se retourner vers elle en souriant.
  • Maintenant dépêche-toi de filer sous les draps avant d'attraper froid, Vénus de mon cœur, lui dit-il d'un ton espiègle. Je ne voudrais pas que ma mère m'accuse de n'avoir pas pris soin de toi !

Ils se glissèrent sous les couvertures et s'enlacèrent aussitôt.
  • Terry, tu sais que j'étais supposée porter une ravissante chemise de nuit que ta mère et moi avons achetée en prévision de cette nuit, lui dit-elle en plantant son regard innocent dans les profondeurs bleu pétrole des yeux de son mari.
  • Je te promets que je ne lui dirai pas que tu as préféré rester en tenue d'Ève ! lui dit-il en riant.
  • Terry ! tu es décidément impossible ! dit-elle en grimpant à califourchon sur lui sans se douter de la troublante et provocante séduction de son geste.

Il se redressa et emprisonna son visage de ses mains pour lui voler un baiser aussi érotique que la vision qu'elle lui offrait. Candy sentit renaître son désir et le besoin de l'avoir à nouveau en elle explosa dans son ventre. Elle avait le souffle court quand il la lâcha et d'étranges étincelles brillaient dans ses yeux verts.

  • Terry, je... dit-elle d'une voix étranglée, j'ai encore envie de... fais-moi l'amour, Terry.

Terry la regardait attentivement, ému par sa timide demande, il la retourna sur le lit pour se trouver au dessus d'elle.

  • Dis-le, Candy, lui dit-il avec un regard intense et brûlant, dis-le moi... Dis-moi que tu me veux, que tu as envie de moi autant que j'ai envie de toi.
  • Je... tu es le seul homme qui m'ait jamais embrassée, Terry et avec toi je ressens des choses inavouables et je... oui, j'ai envie de toi, Terry, je n'ai jamais eu envie que de toi et j'ai envie que tu me fasses l'amour encore, je... ce que j'éprouve, le désir, les sensations de mon corps, ce n'est que maintenant que je les comprends... j'ai envie de ressentir ça encore.
  • Encore ? lui dit-il avec un sourire espiègle.
  • Oui, répondit-elle dans un souffle, encore, encore, encore...
  • C'était quand la première fois que tu as ressenti du désir pour moi, je veux savoir, demanda-t-il en embrassant son cou.
  • C'était ce fameux après-midi en Écosse, quand tu m'as emmenée sur ce cheval pour exorciser mon passé et ma peine. Tu me disais que le présent c'était toi et moi. J'étais serrée contre toi, je sentais la chaleur et l'odeur de ta peau à travers ta chemise et... ça m'a bouleversée, ça m'a plu, émue et ça m'a fait peur aussi. Mais j'étais grisée par ce moment passé tout contre toi.
  • Si j'avais su, je t'aurais embrassée à ce moment-là, murmura-t-il dans son oreille.
  • Embrasse-moi maintenant et fais-moi l'amour, monsieur mon mari, répondit-elle dans un murmure.

Il avait été submergé par un violent désir en écoutant sa femme lui murmurer l'envie qu'elle avait de lui. Prenant ses lèvres avec une possessivité débordante qui étourdissait Candy, il la sentit réagir aussitôt entre ses bras et ils roulèrent ensemble dans une étreinte passionnée qui les laissa épuisés et pantelants.
Ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre, apaisés et ravis par les promesses du bonheur présent et à venir. Le futur ne leur faisait plus peur désormais.

Le soleil entrait à flots dans la chambre lorsque Candy s'éveilla ce matin-là. L'horloge indiquait qu'il était dix heures passées.
La place de Terry était vide, à peine tiède, et elle se souleva avec inquiétude avant d'entendre un lointain bruit d'eau qui s'échappait de la salle de bains.

Elle se leva sans un bruit et fouilla l'armoire à la recherche de la ravissante robe de chambre qu'Eléonore l'avait aidée à choisir. Elle se glissa avec un certain plaisir dans le vêtement de soie qui soulignait sa silhouette élancée et se dirigea vers la salle de bains.
Elle ouvrit doucement la porte et trouva Terry en train de finir de se raser devant le lavabo en marbre. Des gouttes d'eau ruisselaient sur sa peau et il portait une simple serviette blanche autour des hanches.

Elle s'approcha de lui sans un mot et noua ses bras autour de sa taille, déposant une multitude de baisers sur son dos humide, se délectant de la vue des muscles qui bougeaient sous sa peau à chacun de ses mouvements. Elle remarqua combien il avait changé depuis leur adolescence en Écosse ; à cette époque, il avait encore la silhouette très mince et élancée d'un jeune homme, mais aujourd'hui, il était plus grand, ses épaules étaient plus larges, il était plus musclé aussi et encore plus séduisant...

Terry l'avait vue entrer et l'avait observée dans le miroir jusqu'à ce qu'elle se cache dans son dos. Le simple fait de partager avec elle la banalité de son quotidien était une nouveauté exaltante.

  • Bonjour, mon ange, dit-il simplement, as-tu bien dormi ?
  • Comme un loir, dit-elle en souriant contre son dos, tu m'as juste manqué quand je me suis réveillée.

Il avait fini de se raser et s'essuyait le visage avec une serviette. Terry se retourna et, quand il posa ses yeux sur elle, Candy éprouva de nouveau une intense bouffée de désir envers cet homme qu'elle aimait depuis si longtemps. Elle lui sourit en rougissant.

  • Tu es ravissante quand tu dors, tu sais ? lui dit-il en souriant avant de se pencher pour l'embrasser.

Elle passa ses bras autour de son cou, s'accrochant à lui pour mieux répondre à son baiser.

  • Serait-ce une nouvelle provocation de ma tendre épouse ? murmura-t-il à son oreille qu'il titillait de sa bouche et de sa langue.
  • Terry... s'il te plaît, demanda-t-elle avec un gémissement réprimé...
  • S'il me plait quoi ? répondit-il en dénouant sa robe de chambre avant de glisser ses mains sur la peau nue et soyeuse de Candy.

Les lèvres de Terry avait glissé sur son épaule, il attrapa un sein dont il se mit à titiller la pointe arrachant à Candy un long gémissement. Ils furent interrompus par des coups légers frappés à la porte.

  • Fais-toi couler un bain pendant que je vais chercher notre petit-déjeuner, dit-il alors avec un sourire enjôleur en refermant son peignoir.
  • Quand l'as-tu commandé ?
  • Pendant que tu dormais... répondit-il en s'éloignant vers la porte.
  • Terry, tu ne vas pas y aller dans cette tenue ! s'écria-t-elle scandalisée qu'il se montre en public seulement vêtu d'une serviette nouée autour des hanches.

Il se retourna avec un sourire espiègle et sortit de la salle de bains pour aller ouvrir au groom qui entra avec un chariot sur lequel était disposé un petit-déjeuner gargantuesque. Il laissa le chariot dans l'entrée de la suite, à la demande de Terry, et prit le généreux pourboire que celui-ci lui remit avant de sortir.

Le salon et la chambre ne gardaient aucune trace de leurs ébats. Pendant que Candy dormait, il avait ramassé leurs vêtements qu'il avait repliés et déposés sur un fauteuil près du lit. Une table était installée dans un angle du salon devant une fenêtre qui leur offrait une vue magnifique sur les toits de Paris.
Quand il poussa le chariot vers le salon, il entendit l'eau s'écouler dans le bain et Candy qui chantonnait gaiement. Après avoir dressé la table, il retourna à la salle de bains, découvrant la jeune femme qui brossait ses longues boucles indisciplinées devant la glace.
Il entra alors dans la pièce, lui prit la brosse des mains, sous le regard intrigué de la jeune femme, et commença à brosser délicatement la merveilleuse chevelure aux reflets d'or qu'il aimait tant.

  • J'ai toujours rêvé de faire ça, lui dit-il alors. Ils sont tellement plus longs qu'autrefois mais toujours aussi indisciplinés, comme toi.

Elle lui tira la langue dans la glace avant de lui reprendre la brosse des mains.

  • Maintenant, sors d'ici, vilain garnement, je dois prendre mon bain, dit-elle en attachant ses cheveux en chignon pour ne pas les mouiller.
  • Sûrement pas ! dit-il en fermant la porte contre laquelle il s'adossa en croisant les bras avec nonchalance, se régalant de la vision que lui offrait Candy.

Elle se tourna vers lui, interloquée, avant de se décider à relever le défi. Elle ôta sa robe de chambre en le regardant droit dans les yeux, plus provocante que jamais. Puis elle lui tourna le dos pour entrer dans son bain. Il arracha sa serviette et se glissa dans la baignoire juste derrière elle. Elle étouffa un cri mais il l'attrapa pour la garder contre lui.

  • Je peux savoir ce que tu fais, Terry ? dit-elle en étouffant un rire.
  • Je prends un bain avec ma femme, lui répondit-il en embrassant sa nuque délicate. Il ne fallait pas me provoquer, mon ange.
  • Tu ne m'as pas vraiment laissé le choix, dit-elle en se penchant pour attraper le savon.
  • Donne-moi ça, je vais te laver le dos, répondit-il en joignant le geste à la parole.

Elle plia les jambes qu'elle entoura de ses bras en posant la tête sur ses genoux, les yeux fermés pour mieux savourer la douce sensation qu'il lui procurait.
Quand il eut terminé, il l'attira contre lui et passa le savon sur son ventre, remontant vers ses seins en un geste qu'elle trouva infiniment sensuel.
Elle enfouit son visage dans le cou de Terry et ferma les yeux, profitant des douces caresses qu'il lui offrait. Il prolongea son ballet sur ses cuisses et sa main droite glissa doucement vers son entrejambe lui arrachant une exclamation outragée mais il la maintint fermement contre lui. Tout en déposant une multitude de baisers sur son visage, il entreprit de la caresser avec douceur, déclenchant en elle des sensations infiniment troublantes.
Quand il entendit sa respiration s'affoler, il accentua ses caresses jusqu'à sentir le corps de Candy accompagner ses mouvements. Elle gardait les yeux fermés et quand il vit sa bouche s'entrouvrir, il ne résista pas à l'envie de lui offrir un baiser profond et intime. Quelques instants plus tard, elle se cambra violemment en criant son nom, vaincue par le plaisir qu'il venait à nouveau de lui donner.
Terry la tint serrée contre lui jusqu'à ce que sa respiration se calme.

  • Ça t'amuse de me torturer, Terry ? finit-elle par dire d'une petite voix.
  • Tu te trompes, mon ange. La torture, c'est de vivre sans toi, répondit-il sérieusement. En revanche, j'ai plutôt eu l'impression de te donner du plaisir. Mais si tu en doutes vraiment, je peux recommencer, ajouta-t-il pour la taquiner.

Elle se retourna brusquement vers lui et prit le visage de Terry dans ses mains avant de planter un baiser sauvage sur ses lèvres.

  • Je ne te le dirai jamais assez ! lui dit-elle. Terry, tu es impossible mais je t'aime désespérément. Dis-moi, tu ne m'avais pas parlé d'un petit-déjeuner, tout-à-l'heure ? Je meurs de faim !

Il éclata de rire et elle lui sourit gaiement. Ils sortirent de l'eau et passèrent chacun un peignoir avant d'aller s'installer à leur table pour prendre le ,n  b petit-déjeuner.

  • Tu te rends compte que c'est notre premier petit-déjeuner ensemble et en tant que mari et femme, dit-il en souriant devant l'appétit de Candy.
  • Alors, c'est pour ça que tu n'apparais plus dans ma tasse ! dit-elle avec un sourire mutin.
  • Parce que j'apparais dans ta tasse d'habitude ? demanda-t-il en levant un sourcil.
  • Ça m'a prise à Londres, figure-toi, un peu avant le festival de Mai. J'essayais de toutes mes forces de ne pas penser à toi mais tu apparaissais dans ma soupe ! Et bien sûr, ça a continué en Écosse.

Il sourit rêveusement à l'évocation de cette période et de ce merveilleux été qu'ils avaient passé près d'Édimbourg, cinq ans auparavant. Il lui prit la main qu'il caressa tendrement.

  • Tu m'expliqueras un jour pourquoi tu m'as giflé quand je t'ai embrassée, cet été-là ? demanda-t-il.
  • Je te rappelle que tu me l'as rendue cette gifle, espèce de mufle ! répondit-elle avec un air faussement scandalisé.
  • J'ai toujours été un sombre crétin, Candy. Mais... je n'ai pas compris pourquoi tu me repoussais et je me suis senti blessé et rejeté alors que je pensais à l'époque que nous partagions de réels sentiments. Je t'ai brusquée mais... tu me pardonnes ?
  • C'est moi que tu devrais pardonner, Terry. J'étais folle de toi mais tu m'effrayais, je n'arrivais pas à te comprendre, tu étais si sombre, si secret, si imprévisible et... j'avais si peur. Peur de mes sentiments, peur que tu ne sois pas aussi sincère que je l'espérais... peur de souffrir...
  • Je crois que je l'ai finalement compris, bien plus tard, lui dit-il tendrement. Mais c'est un plaisir immense de t'entendre dire que tu étais folle de moi.
  • Je n'ai jamais cessé de l'être, Terry, même quand nous étions séparés. Et depuis que tu m'as épousée, c'est de pire en pire, lui dit-elle en rougissant légèrement.
  • "L’amour n’est pas l’amour s’il fane lorsqu’il se trouve que son objet s’éloigne. Quand la vie devient dure, quand les choses changent, seul le véritable amour reste inchangé."

Candy sourit en écoutant les paroles de Shakespeare, il avait toujours adoré cet auteur... et elle adorait l'écouter déclamer ses textes de sa voix aux tonalités chaudes et mélodieuses.

  • Tu sais que tu devrais envisager de faire du théâtre, monsieur Grandchester, lui dit-elle retrouvant le plaisir de le taquiner. Tu ferais un merveilleux acteur.

Il la regarda sérieusement avec un sévère froncement de sourcil.

  • M'accuserais-tu de manquer de sincérité dans mon jeu d'acteur ou serait-ce une autre maladroite tentative pour me provoquer ?

Elle resta interdite devant son air contrarié.

  • Candy, je plaisantais, lui dit-il avec un sourire malicieux. Auriez-vous perdu votre légendaire sens de l'humour, Candice Grandchester ?
  • Terry, ça n'est pas drôle, répondit-elle en lui tirant la langue avant d'éclater de rire. Mais j'adore entendre mon nouveau nom dans ta bouche !

Il la regarda dévorer avec gourmandise les fruits rouges dont elle n'avait pas voulu la veille au soir, prenant un plaisir infini à l'avoir près de lui et à la regarder vivre. Terry se refusait à penser qu'ils seraient bientôt à nouveau séparés.
Quand elle termina son assiette, elle s'aperçut de son regard posé sur elle et se leva avec provocation pour venir s'asseoir sur ses genoux.

  • Tu ne le sais peut-être pas mais quand tu me regardes comme ça, je fonds totalement, monsieur mon mari ! minauda-t-elle avec une moue charmante.

Sans un mot, il la souleva dans ses bras et l'emmena dans la chambre pour la déposer sur le lit. Il l'embrassa avec gourmandise, décidé à prendre un temps infini pour lui faire l'amour.

*****

Ils n'émergèrent de la tendre torpeur qui les avait gagnés qu'un peu avant treize heures et ils s'habillèrent avant d'aller rendre visite à Éléonore dans sa suite.

  • Bonjour, tous les deux ! dit-elle avec un charmant sourire. Entrez prendre un café, on vient de m'en apporter. Et je suis ravie de voir le bonheur qui se lit sur vos visages.
  • Maman, demanda Terry en cherchant à détourner la conversation... est-on vraiment obligés de commencer les répétitions maintenant ?
  • Oui, Terry, et tu le sais très bien. Tout le monde en a besoin. En revanche les prochains jours, nous ne feront qu'une italienne à partir de dix-sept heures, cela te convient-il ?
  • Bien sûr que ça lui convient, répondit Candy en souriant à Terry. Cet après-midi, je voulais passer voir Flanny et Alistair, alors ça tombe très bien.
  • Et voilà ! dit Terry en levant les yeux aux ciel. Je ne suis pas marié avec elle depuis vingt-quatre heures qu'elle me mène déjà par le bout du nez ! Et avec la complicité de ma mère, en plus !...

Les deux femmes rirent gaiement à sa plaisanterie. Ils discutèrent un moment de la représentation de la veille ce qui n'empêchait pas Éléonore de les observer attentivement.
La complicité qui se dégageait de leurs regards et de leurs gestes était un témoignage évident de l'amour profond qui les unissait. Terry était plus détendu que jamais et il lui sembla qu'il avait gagné en intensité comme si chaque minute passée en compagnie de Candy lui apportait un équilibre qui lui donnait encore plus de charisme qu'à l'accoutumée.

*****

Quand ils arrivèrent à l'hôpital, Candy leur souhaita de bien répéter mais Terry l'attira contre lui pour l'embrasser une dernière fois, sans aucune retenue. Éléonore s'éloigna avec discrétion, souhaitant préserver leur intimité et elle se dirigea vers leur salle de répétitions avec un grand sourire aux lèvres.

  • Terry ! le morigéna Candy quand il la relâcha... Ce que tu viens de faire est totalement inconvenant et déplacé ! Qui plus est, nous sommes dans un lieu public et...
  • Ça suffit, répondit-il avec un sourire plein de malice. Tu es ma femme et je suis très jaloux et incroyablement possessif dès qu'il s'agit de toi, mon ange. J'ai la folle prétention de vouloir faire savoir au monde entier que tu n'appartiens plus qu'à moi.
  • Terry, tu es incorrigible ! dit-elle attendrie par l'amour mais aussi par les craintes qu'elle devinait dans ses paroles. Je n'ai jamais appartenu qu'à toi et tu le sais, tout le monde le sait, d'ailleurs. Maintenant, va travailler !
  • A tout-à-l'heure, mon amour, dit-il en déposant un dernier baiser humide sur sa bouche.

Elle sourit en le regardant s'éloigner et prit à son tour la direction de l'escalier qui la mènerait aux chambres de Flanny et d'Alistair. Mais Alistair venait à sa rencontre et il l'entraina dans la cour en lui disant qu'il avait besoin de lui parler.

Ils s'assirent sur un banc à l'ombre des platanes et Candy lui prit la main en constatant qu'il paraissait un peu soucieux.
  • Quelque chose ne va pas, Alistair ? Tu ne t'es pas disputé avec Flanny, au moins ?
  • Non, répondit-il avec un sourire. De ce côté-là, tout va bien, crois-moi. Mais toi aussi, tu as l'air d'aller on ne peut mieux, non ?

Elle rougit violemment à sa remarque et lui donna une légère tape sur l'épaule.
  • Ce n'est pas très élégant, ce que tu viens de dire ! lui répondit-elle avec un sourire gêné. Mais tu as raison, je suis extrêmement heureuse et éperdument amoureuse de l'homme que j'ai épousé. Maintenant parle-moi plutôt de ce qui te tracasse.

Il prit une profonde inspiration et serra la main de Candy dans les siennes.
  • Tous les jours qui passent, je me rappelle de nouveaux détails concernant mon passé. J'ai retrouvé tous mes souvenirs, mais... parfois, je me remémore certaines anecdotes. C'est une étrange sensation, tu sais, ce sont des souvenirs qui m'appartiennent mais c'est comme si je retrouvais de vieux amis après une longue absence.
    Tiens, par exemple, est-ce qu'Archie ne t'a jamais dit que lorsque nous t'avons rencontré, nous sommes tous deux tombés amoureux de toi ? Même si Anthony nous a vite supplantés.
  • Alistair ! dit Candy, estomaquée par sa franchise. Je...
  • Non, ne dis rien Candy. A cette époque, c'est Anthony que tu as choisi parmi nous tous et c'était au fond assez naturel... Pour ce qui me concerne, j'ai vite compris que... que tu ne m'étais pas ni ne m'avais jamais été destinée. Sache que je n'en ai jamais éprouvé d'amertume, tu étais si... si lumineuse et nous étions si pâles à côté d'Anthony... 
    Mais je sais que je tiens énormément à toi. Tu fais intégralement partie de ma vie, de ma famille, de mon adolescence et... ce que je voulais te dire, sur le quai de cette gare de Chicago, c'est que je t'aimais. Oh, certes pas comme Anthony ou Terry peuvent t'aimer mais... je t'aime comme un frère aime sa petite sœur et je suis heureux de t'avoir connue, que tu fasses partie de ma vie et... je te remercie infiniment de tout ce que tu as toujours fait pour mon bonheur. Y compris en t'occupant de Flanny comme tu l'as fait hier.
  • Alistair, tu n'as pas à me remercier pour ça, Flanny est mon amie ! dit-elle rapidement. Et moi aussi, je t'aime. Archie et toi avez toujours été présents quand j'avais des problèmes, vous étiez mes chevaliers servants, rappelle-toi ! Vous faites partie de ma famille, je veux dire au-delà du fait que nous soyons tous des André. La famille que nous avons créée est celle du cœur, comme le dit si bien Albert, et c'est la plus belle famille du monde !

Il la serra tendrement contre lui en souriant.
  • Bien, alors ça, c'est réglé... Je sais désormais que c'est tant qu'on est vivant qu'il faut se dire les choses et je suis heureux de pouvoir discuter comme cela avec toi, tu sais ? Mais maintenant, j'aimerais que nous parlions un peu de Patty, si tu le veux bien.
  • Bien sûr, Alistair, je t'écoute.
  • Tu sais... je me rappelle très bien de Tom. Il était devenu un grand ami d'Anthony et c'est ensemble qu'ils avaient tous les deux participé à ce fameux rodéo, mais je suis sûr que tu t'en rappelles aussi. C'était déjà un garçon formidable. Il est stable, il a un grand sens de l'honneur et de la justice et... j'y ai énormément réfléchi, en vérité. Il sera pour Patty un bien meilleur mari que je n'aurais jamais pu l'être. Je veux dire que Patty a une nature extrêmement sensible et inquiète et je sais que Tom sera en mesure de lui apporter une stabilité et un sentiment de sécurité que je n'aurais jamais pu lui donner si nous étions restés ensemble.
    Attention... je ne veux pas dire que je ne l'ai pas aimée, bien au contraire. Quand mon avion s'est écrasé, c'est vers elle que mes pensées se sont tournées. Patty est une fille formidable mais elle est aussi fragile et sensible.
    Et moi... je sais maintenant que je suis impulsif, souvent imprévisible pour elle et... ça renforçait ses peurs, ses craintes.J'ai compris que malgré l'amour infini que nous avons partagé, je n'aurais jamais pu la rendre vraiment heureuse. Alors qu'avec Tom, ce doit être le contraire.
  • Alistair... je ne devrais pas te le dire, parce que je ne devrais même pas le savoir moi-même mais... Patty a déjà compris tout cela. Elle le sait depuis que... je crois qu'elle le sait depuis qu'elle est tombée amoureuse de Tom.
    Mais cela participe aussi à accroître le sentiment de culpabilité qu'elle éprouve par rapport à toi. Elle se sent coupable de ces pensées, coupable d'être heureuse avec Tom alors que toi... tu avais disparu. Sans parler de tes "funérailles".
    Je sais que ce sentiment la ronge mais elle ne veut en parler à personne. Elle ne veut pas qu'on sache ce qu'elle ressent, et surtout pas Tom. Maintenant, je suis persuadée, moi, qu'il sait également tout cela mais ça ne l'empêche pas d'être le meilleur des maris pour elle.
    Tu sais, c'est un sentiment que je connais moi aussi car... mon bonheur avec Terry n'aurait pas été possible si Anthony ne nous avait pas quittés. La vie nous joue parfois de drôles de tours au gré des circonstances et nous n'y pouvons rien.
    Alistair, je crois que tu devrais écrire à Patty mais... Envoie ta lettre à Albert pour qu'il la lui remette après lui avoir annoncé que tu n'étais pas mort... Tu te sentirais mieux par rapport à tout ce que tu viens de me dire et je pense qu'elle aussi. Qui plus est, Albert sera près d'elle et cela facilitera grandement les choses. Il saura comment la prendre.
  • Je crois que tu as raison, Candy. Comme toujours, d'ailleurs, dit-il en relevant la tête avec un grand sourire. J'écrirai aussi une lettre à Tom, ce serait bien pour moi... et pour lui...

Ils restèrent un instant silencieux et Alistair se tourna à nouveau vers elle.
  • Dis-moi, Candy, il y a deux personnes dont tu ne parles jamais. Je suppose que c'est plutôt bon signe dans l'ensemble mais je suis curieux... que deviennent Elisa et Neil ?
  • Ah !... Et bien... pour être honnête, je n'en sais rien... Ils sont partis en Floride il y a plus d'un an après... quand Albert a pris ses fonctions de chef de la famille, juste après tes... funérailles. Et je ne les ai pas revus jusqu'à mon départ pour la France en avril dernier.
  • Pourquoi ai-je l'impression qu'il s'est passé quelque chose dont tu ne m'as pas parlé ?
  • En fait, c'est... c'était une histoire totalement ridicule ! Juste après ton départ, j'ai reçu de Neil une offre quelque peu particulière. Il voulait m'inviter à sortir avec lui, ce que j'ai systématiquement refusé. Et puis... un jour, il m'a dit qu'il était amoureux de moi et qu'il voulait m'épouser.
    Je crois que je n'ai jamais autant ri, mais surtout j'étais furieuse ! D'autant qu'il s'était fait passer pour Terry afin de m'attirer dans un guet-apens, prévoyant ainsi de me forcer à accepter sa demande. Bien sûr, je l'ai giflé et je me suis enfuie. Quelques jours plus tard, sa mère et lui se sont débrouillés pour me faire renvoyer de l'hôpital Sainte-Joanna, mais contrairement à ce que je pensais, ils n'en avaient pas fini avec moi !
    Finalement, alors que je travaillais dans une petite clinique pour les défavorisés avec le docteur Martin, un ami d'Albert, une voiture est venue me cherche de la part de l'oncle William. Il faut aussi que tu saches qu'à cette époque, Albert était parti sans me dire où il allait car il avait enfin retrouvé la mémoire. Et je ne savais pas encore qu'Albert et l'oncle William n'étaient qu'une seule et même personne. Bref... On m'avait livré une robe élégante en me demandant de venir au manoir André où l'oncle William voulait me voir. A peine arrivée là-bas, je suis accueillie par Neil qui nous fait prendre en photo par la même occasion. Et j'apprends, de la bouche des Legrand, soutenus par la tante Elroy, que l'oncle William a exigé que j'épouse Neil !
    Si tu m'avais vue, j'étais complètement catastrophée. Comme l'oncle William n'était pas au manoir, je me suis précipitée au siège des entreprises André où j'ai rencontré Georges qui m'a prévenu que William était à Lakewood et il m'y a fait conduire en voiture. C'est ce jour-là que j'ai découvert que l'oncle William était en fait Albert, le frère de Rosemary, la maman d'Anthony et l'héritier de la famille André.
    Albert a été aussi choqué que moi d'apprendre les dernières manigances des Legrand et je crois qu'il a fait le nécessaire pour que plus personne ne prenne de décision à sa place, ni à la mienne. Et je n'ai donc jamais épousé Neil !
    Ils avaient tout de même eu le temps de faire paraître un article dans la presse, qu'Albert a fait démentir dès le lendemain. En fait, ils ont du se sentir complètement ridiculisés en découvrant qu'Albert était l'oncle William et ils sont partis pour la Floride. Quant à la tante Elroy, je sais qu'elle réside à Charleston, dans une des propriétés de la famille André.
  • Je n'arrive même pas à croire tout ce que tu viens de me raconter ! Si ce n'était pas si triste, je crois que j'en aurais ri ! Mais je suis bien content d'apprendre qu'ils ne peuvent plus te nuire. Il était temps qu'ils apprennent un peu l'humilité. Candy, je n'en reviens toujours pas... Et Terry est au courant de tout ça ?
  • N'en parlons plus ! dit Candy en riant. C'est du passé tout ça. Quant à Terry, je ne pense pas qu'il le sache et connaissant son tempérament, c'est mieux ainsi. Encore une fois, cette histoire appartient à un passé révolu. Mais dis-moi, Alistair... je... je voulais te demander si tu sais ce que tu feras une fois que le docteur aura décidé que tu es complètement guéri et qu'il aura signé ta sortie...
  • Petite curieuse ! dit-il avec un léger sourire. Je sais que je devrais rentrer à Chicago mais... tant que la guerre ne sera pas terminée, Flanny restera ici. Je la connais, elle repartira travailler dès qu'elle sera sur pied et je ne la laisserai pas seule, tu me comprends ?
  • Bien sûr que je te comprends, répondit Candy. Je connais Flanny et son sens du dévouement est bien plus grand qu'elle ne le montre. Mais cela veut dire que vous allez retourner travailler au sein d'une ambulance chirurgicale ?
  • C'est fort probable, Candy. Je ne la laisserai pas, quoi qu'il advienne. Si je rentre à Chicago, ce sera avec elle ou ça ne sera pas. Crois-tu qu'ils m'en voudront ? Je veux dire, Albert, Archie...
  • Ils ne t'en voudront pas si tu leur expliques tes motivations, tu sais. Et puis... ça laissera à tout le monde le temps de s'habituer au fait que tu es bien vivant et marié !
  • D'accord, je prends note de tes observations mais... je peux quand même t'avouer que j'adorerai apprendre dans quelques mois que Flanny est enceinte. Cela pourrait l'obliger à rentrer plus tôt et... d'ailleurs ça pourrait t'arriver à toi aussi, dit-il avec une mimique pleine de malice.
  • Oh, mon Dieu ! s'exclama soudain Candy. Tu veux dire que... ? Oh, mon Dieu !

Alistair éclata de rire en voyant sa réaction et l'intense rougeur qui avait gagné ses joues. Puis il la vit sourire et poser une main sur son ventre encore plat, il fut soudain ému de découvrir à quel point Candy semblait heureuse et forte à la seule idée de devenir mère.

  • Avant de nous perdre en conjectures, je te propose d'aller voir Flanny, dit-il soudain. Elle va finir par croire que nous l'avons abandonnée.
  • Allons-y, dit Candy sans perdre l'air rêveur que l'évocation d'une possible maternité avait fait naître sur son visage.

Ils passèrent le reste de l'après-midi ensemble, et partagèrent leur dîner dans la chambre de Flanny. Ils comptaient bien entendu se rendre à la représentation du soir. Une pièce d'Aphra Behn qui serait donc jouée en anglais à l'attention de tous les anglo-américains présents à Paris. Même l'ambassadeur et sa femme seraient présents.

Une réception était d'ailleurs prévue à l'ambassade américaine après la représentation. Candy se sentait nerveuse et elle se rendit compte que Terry lui manquait, qu'elle avait hâte de le voir et de se retrouver seule avec lui. Elle se glissa dans une somptueuse robe rouge et noire qu'Eléonore avait choisie pour elle.

La pièce fut un vrai succès et Candy fut une nouvelle fois impressionnée par le pouvoir qu'avait Terry de devenir un autre avec un réalisme stupéfiant. Éléonore n'avait qu'un petit rôle ce soir-là mais elle irradiait la scène et subjuguait le public à chacune de ses apparitions.

Après la représentation, l'ambassadeur convia toutes les personnes présentes à venir assister à la réception qui avait lieu dans les locaux de l'ambassade américaine. Alistair et Flanny regagnèrent leurs chambre sous l'œil autoritaire du médecin-chef. Candy surprit même une lueur d'amusement dans son regard.

  • Si vous me permettez, docteur Jones, dit-elle avec un sourire, je vous trouve cruel avec eux.
  • Encore vous ! remarqua-t-il en soulevant un sourcil. Dépêchez-vous de filer avant que je vous trouve du travail pour la soirée ! ajouta-t-il en riant alors qu'elle s'éclipsait en direction du couloir qui menait aux loges improvisées pour les comédiens.

"Et profitez de ces moments de bonheur ! pensa-t-il en la regardant s'éloigner. Parce que la guerre n'est pas encore terminée et... je risque d'avoir besoin de vous encore un moment, mon petit."

Terry sortait dans le couloir au moment où Candy arriva et il sourit en la voyant rougir violemment alors qu'il la regardait s'approcher.

  • Viens avec moi un instant, dit-il en l'entrainant à l'autre bout du couloir où se trouvait une porte qui donnait sur l'extérieur, à l'extrémité du bâtiment. Et pas un mot ! ajouta-t-il en mettant un doigt sur sa bouche.

Arrivés sous le porche, il la prit dans ses bras et l'embrassa avec une possessivité troublante qui laissa Candy sans volonté et sans voix.
  • Maintenant tu vas me dire pourquoi tu as rougi si violemment tout-à-l'heure, Candice Grandchester, murmura-t-il près de son oreille.
  • Et bien... parce que ça m'a fait plaisir de te voir et... et tu m'as manqué... j'avais hâte de... de me retrouver seule avec toi.
  • Et c'est tout ? susurra-t-il en déposant de doux baisers dans son cou
  • Terry, arrête ! gémit-elle doucement.
  • Parle, murmura-t-il, dis-le moi tout doucement à l'oreille...
  • Je... j'avais envie d'être avec toi... dans tes bras. Comme maintenant et...je crois que je... que j'ai... j'ai envie de toi.

Il la serra dans ses bras avec force, manquant de la faire étouffer et elle entoura son cou de ses bras.
  • Moi aussi, tu m'as manqué... te savoir si proche et pourtant si loin de moi était assez agaçant, dit-il.
  • Terry, je voulais te dire... je t'ai trouvé magnifique, ce soir... comme hier, d'ailleurs. Peut-être même un peu trop dans ces rôles de séducteurs ! dit-elle en caressant les cheveux de son mari.
  • Comment ça un peu trop ? demanda-t-il intrigué.
  • Je devrai avoir honte... dit-elle en baissant la tête. En fait, je crois que je suis jalouse... parce que tu joues tellement bien que... ça me laisse parfois l'impression que tu...

Elle se tut et il la regarda avec émotion.
  • Il n'y a que toi qui compte, Candy... Regarde-moi, s'il te plait... Je suis très ému que tu me juges aussi crédible dans mes rôles et très flatté que tu sois jalouse des femmes qui m'approchent mais... ne doute jamais de moi, mon amour. Jamais. Tu es la seule, l'unique. Tu es ma femme et... si ça n'avait pas été toi, ça n'aurait été personne. Je t'aime, mon ange... tu es la seule que j'aime et que j'aie jamais aimé. Alors, n'aie jamais aucun doute là-dessus ! Tu m'entends ? Aucun doute !

Candy s'était perdue dans le regard de son mari, bouleversée par sa déclaration. Elle se dressa sur la pointe des pieds pour l'attirer vers elle et l'embrasser à son tour. Terry répondit immédiatement à son baiser, goûtant la bouche de sa femme avec gourmandise.

  • Il faut aller retrouver les autres, Terry, tu dois te rendre à la réception à l'ambassade, murmura-t-elle en s'éloignant de lui avec un sourire plein de regret.
  • Il paraît, oui... Mais toi aussi, madame mon épouse... seulement je te préviens, on n'y reste pas longtemps, j'ai bien l'intention de te faire réintégrer notre chambre au plus vite.
  • Ah oui ? Tu as des choses importantes à y faire peut-être ? dit-elle en l'entrainant vers l'entrée de la grille qui cernait l'hôpital.
  • Méfie-toi, jeune provocatrice ! Si tu crois que la lumière et le public peuvent m'empêcher d'embrasser ma femme outrageusement, tu te trompes ! dit-il avec un sourcil levé et ce rictus malicieux qu'elle ne lui connaissait que trop bien.
  • D'accord, j'arrête ! dit-elle en riant alors qu'il lui enlaçait la taille. Je te promets d'être sage !

Éléonore les regarda s'approcher avec tendresse. Il semblaient seuls au monde, comme si une barrière invisible, une bulle de bonheur les isolait du reste de la planète.

  • Éléonore, vous avez été incroyable, merveilleuse, radieuse ! dit Candy en s'approchant.
  • Candy, je croyais que tu devais me tutoyer ? remarqua Éléonore, avant de l'embrasser. C'est toi qui es radieuse ! ajouta-t-elle en la détaillant du regard. Venez, nous allons y aller, les autres ne sont pas encore prêts, ils nous rejoindront plus tard !

Après avoir salué l'ambassadeur et les personnalités importantes invitées à la réception, Terry et Candy ne tardèrent pas à s'éclipser. Ils étaient épuisés par cet excès de mondanités alors qu'ils n'aspiraient qu'à se retrouver seuls dans leur chambre.
Pendant que Terry fermait la porte, Candy se dirigea directement vers leur chambre. Elle enleva sa cape avant de se tourner vers son mari qui l'avait suivie.
Il était déjà pieds nus et avait jeté sa veste sur le dossier de la chaise la plus proche. Quand il commença à dénouer sa cravate, elle s'approcha de lui pour lui retirer son gilet avant de commencer à déboutonner sa chemise. Il la laissa faire sans un mot, se contentant de la regarder faire avec un désir croissant.
Elle fit tomber sa chemise sur le sol et posa ses mains sur son torse, caressant du bout des doigts la peau de son mari descendant vers son ventre pour lui retirer sa ceinture. Il lui prit les mains avec douceur en la faisant tourner sur elle-même. Elle comprit son geste et souleva ses cheveux, lui dévoilant sa nuque en un geste infiniment sensuel pour qu'il commence à dégrafer sa robe. Il découvrait sa peau nue au fur et à mesure qu'il défaisait les boutons.

  • Heureusement pour toi que je n'ai pas découvert ça plus tôt, jeune effrontée, murmura-t-il alors que ses doigts caressaient son dos tout en le dénudant lentement.

Quand il atteint le dernier bouton en bas du dos de Candy, elle avait déjà le souffle court et sa peau frémissait à chaque effleurement de ses doigts. Il glissa ses deux mains sous sa robe, caressant ses hanches, remontant jusqu'à sa poitrine puis à ses épaules en l'attirant contre lui. Elle renversa sa tête en arrière et retira elle-même ses bras de sa robe, la laissant glisser sur le sol. Terry sentait le souffle chaud de Candy dans son cou alors qu'il se délectait de caresser sa peau si douce et si chaude. Elle se tourna vers lui et acheva de lui retirer son pantalon qui rejoint sa robe sur le sol. Il la souleva dans ses bras et s'approcha du lit, écartant les draps pour l'y déposer avant de se placer juste au-dessus d'elle.

  • Je n'arrive pas à croire que tu étais à moitié nue sous ta robe, n'as-tu pas honte ? dit-il avec un immense sourire en lui bloquant les poignets de chaque côté de sa tête.
  • C'est comme ça qu'elle se porte cette robe, le bustier est intégré à la robe de façon remarquable, monsieur le conservateur, répondit-elle en souriant avec un regard provocateur. Vous l'auriez remarqué si vous aviez pris le temps de regarder ma robe, monsieur Grandchester !
  • Tu cherches vraiment à me provoquer, Candy, n'est-ce pas ? Alors sache que je l'ai vue ta robe, que je t'ai trouvée tellement éblouissante et désirable que je n'ai pas cessé de penser au moment où je te l'enlèverai. Et comme je craignais que tout le monde ne remarque mes regards lubriques sur toi, j'ai fini par éviter de la regarder, ta robe. Alors, encore heureux que je n'ai pas su que tu étais quasiment nue en-dessous, jeune fille, parce que ça se serait très mal terminé pour toi !
  • Ah oui ? Et qu'auriez-vous fait monsieur mon mari ? Je te rappelle que ta mère était avec nous ce soir, sans compter l'ambassadeur, les officiels...
  • Je t'aurai enlevée, grommela-t-il. Je t'aurai enlevée pour te trainer dans la première pièce vide fermant à clé que j'aurais pu trouver et je t'aurai fait l'amour avec frénésie et passion.
  • TERRY !!! s'écria-t-elle, choquée.
  • Quoi, Terry ! murmura-t-il avec un sourire. Je n'ai pensé qu'à toi toute la journée. Tu ne peux pas imaginer les efforts surhumains qu'il m'a fallu fournir pour ne pas m'enfuir et t'entraîner ici. Et je sais que tu y as pensé aussi, ajouta-t-il en plongeant son regard iridescent dans les yeux de sa femme.
    Et ne détourne pas les yeux, Candy. Mais je comprends qu'un tel aveu puisse choquer l'éducation catholique dont tu sembles avoir tiré si grand profit à Saint-Paul !

En prononçant cette dernière phrase, il savait qu'il la provoquait. Il se doutait qu'elle bouillait de lui répondre mais que la lutte entre son envie d'être provocante et sa pudeur naturelle était rude.

  • Je ne suis pas comme toutes ces pimbêches du Collège Saint-Paul, monsieur Grandchester, dit-elle avec sérieux. Et je ne crois pas que tu aurais fait ça parce que je sais que tu es un gentleman et...

Il sourit et se délecta des éclairs que lui lançaient ses grands yeux verts, retrouvant le plaisir de se disputer avec elle, comme autrefois.

  • Et ? demanda-t-il avec un sourire provocateur.
  • En fait, tu adores me faire enrager, n'est-ce pas Terry ? demanda-t-elle avec un sourire au moins aussi provocateur que celui de son mari. 
    Et bien d'accord, tu as raison, j'ai pensé à toi aujourd'hui, j'ai eu très envie de partager à nouveau ces moments d'intimité avec toi. Cet après-midi déjà, j'avais éprouvé ce désir de toi, de t'avoir en moi et quand je t'ai vu ce soir, c'est devenu pire encore. Alors oui, oui j'ai eu et j'ai encore très envie de toi. Voilà, tu es content maintenant ?
  • Ne change jamais, mon amour, lui dit-il dans un souffle rauque. Jamais ! Tu as été créée pour moi, ravissante et merveilleuse muse qui enflamme mon imaginaire et mes nuits.

Il l'embrassa avec une passion contenue, caressant ses lèvres de sa bouche et de sa langue avant de descendre sur son menton, sa gorge à la peau si sensible et délicate, lui arrachant soupirs et gémissements.
Il sentait les mains de Candy glisser sur sa peau, déclenchant des frissons de désir intense. Elle caressait son corps avec une envie sincère de lui rendre le plaisir qu'il lui donnait. Le ventre de sa femme frémissait violemment sous la caresse de ses doigts, de sa langue et de ses lèvres.
Il se releva pour s'asseoir près d'elle et fit glisser sa culotte avec une extrême lenteur avant de la lui enlever complètement. Il lui écarta doucement les jambes et commença à caresser l'intérieur de ses cuisses, le creux de son genou et toutes ces zones où la peau était si sensible. Sa bouche poursuivit ensuite le chemin précédemment parcouru par ses doigts.
C'est alors qu'elle se redressa et attrapa son visage dans ses mains pour l'attirer vers elle doucement.

  • Embrasse-moi, Terry et viens ! supplia-t-elle dans un souffle. J'ai envie de te sentir en moi...

Il ne se le fit pas dire deux fois et se glissa délicatement en elle tout en l'embrassant langoureusement. Elle l'accueillit avec un sourd gémissement qui le fit redoubler d'ardeur alors qu'il sentait ses jambes s'enrouler autour de lui. Elle se donnait sans retenue, le suppliant ou l'exhortant, se soumettant à chacun de ses caprices avant de lui imposer son désir affamé pour céder à nouveau à ses coups de reins puissants. Quand elle atteignit les cimes du plaisir, il se redressa pour la regarder se cambrer en criant son nom, juste avant de la rejoindre dans un puissant orgasme qui les laissa essoufflés pendant un long moment.

Il se laissa glisser à côté d'elle et la serra dans ses bras. Au bout de quelques minutes pendant lesquelles ils reprirent leur souffle lentement, Terry se pencha vers elle.

  • Candy... dit-il à son oreille, je t'aime... je te veux pour toujours à mes côtés. Tu me bouleverses complètement et... je dois t'avouer que si ton mari est un être profondément jaloux, c'est juste parce que mon amour pour toi est totalement égoïste et possessif.
  • Je n'avais pas remarqué, répondit-elle avec un petit sourire mutin.

Sans sourire, Terry la regarda silencieusement un instant avant de reprendre la parole.
  • Je ne te l'ai jamais dit mais j'ai cru mourir de douleur quand j'ai reçu cet article de presse qui annonçait ton mariage prochain avec cet abominable Neil Legrand.
  • Quoi !?! s'exclama-t-elle avec consternation. Oh Terry, je suis vraiment désolée que tu aies pu croire une telle aberration. J'aurai préféré mourir que d'épouser Neil, tu le sais ?
  • Albert me l'a dit quand je l'ai croisé à New-York. Il m'a dit qu'ils avaient monté cela dans ton dos mais... j'aimerais savoir ce qu'il s'est vraiment passé, Candy.
  • Ce sont Georges et Albert qui m'ont permis de déjouer cette sombre machination qu'ils avaient monté contre moi, ajouta-t-elle en caressant son visage. Tu sais... Neil s'était mis dans l'idée qu'il m'aimait et, quelques jours plus tôt, il m'avait entrainée dans un piège et j'ai eu du mal à m'en débarraser mais...
  • Quel genre de piège ? Et comment t'es-tu laissée prendre ?
  • Je...
  • Candy, ne me cache rien, s'il te plait, lança Terry. Dis-moi comment ça s'est passé.
  • Il m'a piégée en se faisant passer pour toi, il m'avait envoyé un chauffeur et... Comme c'était après notre séparation, que je savais que tu voulais préserver ton anonymat ça ne m'a pas surprise et... j'ai suivi cet homme sans hésiter.
  • Et ensuite ? demanda Terry, la mâchoire crispée.
  • Quand j'ai découvert que c'était lui, il m'a annoncé ses projets et m'a de nouveau dit qu'il m'aimait et... quand je l'ai repoussé, ça a failli dégénérer. Il m'a enfermée dans une pièce, il a même tenté de m'embrasser, je l'ai frappé au visage et je me suis enfuie. J'ai sauté par la fenêtre et je me suis enfuie à la nage. Quand j'ai enfin pu regagner la route, un heureux hasard a mis Albert sur mon chemin et tout s'est bien terminé.

Le visage de Terry s'était complètement fermé et sa mâchoire restait crispée. La rage l'envahit à l'idée que Neil ait voulu la forcer à l'embrasser, à l'épouser et pire encore, en se faisant passer pour lui.

  • Candy, dit-il d'un ton mauvais, je te préviens que si je le revois, je le démolis.
  • Terry, regarde-moi s'il te plaît, dit-elle sérieusement. En premier lieu, il y a assez peu de chances que tu le revoies, les Legrand sont en Floride depuis ce malheureux épisode et ensuite, si jamais tu les voyais, je ne voudrais pas que tu t'abaisses à le toucher, ni même à lui parler. Et puis il a encore une fine cicatrice sur la joue, là où je l'avais griffé. Il est déjà "marqué" par ce qu'il a fait. Tout ce que mérite cette famille, c'est d'être superbement ignorée. Le mépris leur suffira grandement. Et puis, c'est toi qui m'as épousée, toi qui m'embrasses et me fait l'amour. Neil n'a et n'aura jamais rien.
  • Peut-être mais je suis d'une insupportable jalousie, alors à l'idée qu'il ait pu ne serait-ce qu'essayer de poser les mains sur toi, je deviens fou !
  • D'abord, je ne lui en ai pas vraiment laissé le temps ni l'occasion, dit-elle en souriant sans le quitter des yeux. Et puis... tu es le seul homme que j'aie jamais embrassé, je te l'ai dit et... il n'y a que toi, seulement toi qui ait jamais posé les mains sur moi. C'est toi qui me fait ressentir ces sensations de folie à chaque fois que tu me regardes, que tu me touches, que tu m'embrasses. Je ne vois que toi et je ne pense qu'à toi depuis que nous nous sommes rencontrés. Je t'aime, Terry. A la folie.
  • Moi aussi, dit-il plus tendrement. Dis-moi Candy, quand... Si j'étais venu te voir à Chicago, si... tu m'aurais rejoint sans hésiter ?
  • Oui, Terry. Je serais venue sans hésiter.
  • Et si... si j'avais pris la décision de quitter Suzanne ?
  • Tu es un homme d'honneur, Terry. C'est pour ça que je t'aime, pour ça que tu n'as pas abandonné Suzanne et... Le passé ne compte plus, Terry. Nous sommes ensemble et je t'aime. Désormais, l'avenir nous sourit.

Terry la serra contre lui avec force. Il se pencha vers son oreille.

  • Tu veux bien me parler encore de ce que tu ressens quand je t'embrasse, lui dit-il en faisant glisser ses lèvres sur le lobe de l'oreille de Candy, puis dans son cou.
  • Terry, ce sont là des pratiques déloyales, dit-elle dans un souffle, tu es la personne la mieux placée pour savoir tout ça. Tu me fais découvrir et éprouver des sensations étourdissantes qui m'étaient totalement inconnues jusque là. Je ne reconnais plus mes réactions. C'est tellement nouveau pour moi mais c'est extraordinairement agréable et exaltant.

Terry se redressa pour mieux la regarder, il put lire dans les yeux de Candy le trouble intense qui l'habitait.
  • Je t'aime, Candy Grandchester.

Elle lui sourit affectueusement et l'embrassa avec passion avant de l'attirer à nouveau contre elle dans une longue et sensuelle étreinte. Une heure plus tard, elle s'endormait dans ses bras. Il la regarda dormir un long moment, profitant de la vision alanguie qu'elle lui offrait.


"Pendant des mois, j'ai rêvé d'une seule nuit avec toi, pensa-t-il en caressant ses boucles blondes. Une nuit d'amour et de douce folie, une nuit de déraison, unique et inoubliable pour m'aider à supporter le reste de ma vie. Et maintenant que tu es ma femme, je sais que ni une nuit, ni une vie n'y suffiront. Je n'avais pas la moindre idée de ce que j'éprouverais dans tes bras. Faire l'amour avec toi est une expérience indescriptible et extatique, mon ange, comme si notre amour était sublimé, magnifié. Tu donnes tant, tu t'abandonnes avec tellement de confiance, à la fois provocante maîtresse et ingénue soumise. Tu m'as pris mon cœur il y a si longtemps, Candy... si longtemps...
Et maintenant tu m'embrases l'âme et le corps. Je voudrais te ramener avec moi à New-York, t'enfermer et m'enivrer de toi durant des jours entiers mais je sais bien que tu n'accepterais pas de partir... Pourtant je meurs d'envie de me comporter en sale égoïste, j'ai envie de quotidien avec toi, je veux te voir vivre dans notre maison, t'y voir rire, grimper aux arbres... Je veux que tu me fasses un enfant aussi, un pour commencer..."


  • Tu devrais dormir, mon amour, murmura-t-elle d'une voix ensommeillée. Tu joues demain et il faut que tu sois en pleine forme.
  • Chut, dors mon ange. T'avoir dans mes bras, te regarder respirer et dormir est un bonheur infini. Alors j'en profite, voilà tout. Dors, s'il te plaît. Je t'aime.
  • Moi aussi, Terry... je t'aime !

Il finit par s'endormir en écoutant la respiration régulière de sa femme assoupie.


*****

Quand elle se réveilla le lendemain matin, il était encore tôt. Terry était couché sur le dos, un bras relevé et glissé sous son oreiller. Elle s'approcha de lui et l'observa un long moment. Elle avait toujours aimé son profil délicat et arrogant, les longues mèches brunes qui tombaient sur son front. Une légère barbe commençait à ombrer le bas de son visage.

Elle se lova contre lui et ferma les yeux, profitant de ces tendres moments que la vie lui offrait, comme un merveilleux cadeau au milieu de cette terrible guerre. Il lui restait trois jours pour profiter de lui avant que la troupe ne parte jouer pour les soldats, à l'arrière du front.

Il bougea dans son sommeil et la serra contre lui en murmurant des mots inintelligibles. Dans ses bras, elle était chez elle, elle avait toujours eu ce sentiment de lui appartenir depuis toujours. A ses côtés, elle se sentait merveilleusement bien. Cela lui avait sauté aux yeux, comme une évidence, durant ce dernier après-midi qu'ils avaient passé à Londres sur la colline retrouvée. Il lui avait terriblement manqué et la lettre d'Albert lui avait servi de prétexte pour se rapprocher de lui.

Elle attendit que le sommeil de Terry redevienne profond et qu'il se tourne à nouveau sur le dos. Elle s'éclipsa de la chambre sans un bruit avec sa chemise de nuit et sa robe de chambre qu'elle enfila dans la salle de bains.

Le soleil entrait à flots dans le salon et la journée promettait d'être belle. Elle retourna dans la salle de bains pour faire sa toilette et finit par commander un petit-déjeuner copieux pour eux deux.
Elle se servait un café quand elle vit Terry sortir de la chambre, vêtu d'un simple peignoir. Il avait l'air encore endormi et paraissait fatigué. Il se plaça derrière elle et la prit dans ses bras, enfouissant son visage dans ses cheveux et dans son son cou.

  • Terry, tu devrais te recoucher, dit-elle doucement. Tu n'as pas assez dormi.
  • On fera la sieste, tout-à-l'heure... J'ai faim et l'odeur du café est très tentante, répondit-il en embrassant son cou.
  • Tu piques ! s'écria-t-elle en riant alors qu'elle sentait son menton érafler la peau tendre de son cou.
  • Pardonne-moi, je file me raser, dit-il en embrassant ses cheveux.
  • Tiens, emporte ça, dit-elle en lui tendant une tasse de café.
  • Ne bouge pas d'ici, toi ! dit-il avec un clin d'œil en s'éloignant vers la salle de bains.

Elle se contenta de lui répondre par un sourire, savourant ces moments d'intimité si nouveaux et pourtant déjà si familiers. Elle prit son café et sortit sur la terrasse pour le boire au soleil tout en profitant de la vue magnifique qui s'offrait à ses yeux.

Quand Terry la rejoint, il ne portait toujours que son peignoir mais ses cheveux étaient mouillés et son menton semblait redevenu doux. Il l'embrassa dans le cou et elle inspira fortement la douce odeur d'Eau de Cologne qui émanait de lui.

  • Tu sens bon... Sers-toi quelque chose à manger et rejoins-moi sur la terrasse, dit-elle doucement.
  • J'arrive, lui répondit-il dans un murmure.

Il revint quelques instants plus tard avec une assiette, un café et une enveloppe. Il posa la tasse et l'assiette sur la petite table devant eux avant de venir s'asseoir près de Candy.

  • Candy, dit-il doucement. Je dois te parler... j'ai peur que ça ne te fasse pas plaisir mais il faut que je te parle de Suzanne.

Elle le regarda attentivement et il découvrit des lueurs d'inquiétude dans ses yeux. Il prit sa main qu'il embrassa avant de la serrer tendrement.

  • Candy, je t'aime, dit-il en la regardant dans les yeux avec toute la tendresse qu'il éprouvait pour elle. Je t'aime depuis ce soir de janvier dans la brume... ta douceur, ton caractère emporté, tes cheveux blonds aussi indisciplinés que toi et ces merveilleuses tâches de rousseur ! ajouta-t-il en passant un doigt sur le bout de son nez.
    Te souviens-tu de ce premier office religieux à Saint-Paul où tu portais l'uniforme de tous les jours au lieu de la tenue noire de l'école, jeune rebelle ?
  • Tu veux parler de ce fameux jour où tu nous a joué ton rôle de fils d'aristocrate insupportable, irrespectueux et insolent ? Belle prestation à vrai dire, qui augurait déjà de ton talent d'acteur !

Il sourit à sa remarque. Elle le provoquait mais il choisit de l'embrasser au lieu de lui répondre.

  • Tu veux savoir pourquoi je l'ai fait ? dit-il en relâchant ses lèvres. Pour me faire remarquer bien sûr, mais uniquement pour me faire remarquer par toi ! Tu étais déjà mon bel ange blond, toute vêtue de blanc au milieu de tous ces corbeaux en noir !
  • Terry ! dit-elle en secouant la tête avec un tendre sourire.
  • Le pire de tout, c'est que non contente d'envahir mes pensées, mon cœur et mes nuits, tu étais toujours dans les endroits les plus inattendus. Croisant mon chemin sans arrêt... et moi qui n'arrêtais pas de penser à toi. Et puis, il y a eu cette histoire et... J'aurais tant voulu t'emmener. Mais voilà, il y avait un problème... Tu avais quatorze ans et moi quinze... Il nous aura fallu plus de cinq années d'épreuves avant de nous retrouver.
    Et je sais que pour toi comme pour moi, ces deux dernières années de séparation ont été les pires. Quelques jours avant d'avoir son accident, Suzanne m'avait avoué ses sentiments pour moi. Elle savait pourtant que je t'aimais et... ce jour-là, elle a compris qu'elle ne serait jamais rien d'autre qu'une amie pour moi. Pourtant ça ne l'a pas empêchée de se jeter sous le projecteur pour me sauver... J'étais rongé par la culpabilité, le remords et le désarroi après son accident.
    Tu comprends... je savais que sa carrière était terminée et... avec une jambe en moins, sa vie allait devenir bien triste. Et puis sa mère et même Suzanne m'ont... m'ont laissé à penser que je lui devais d'être en vie et que je devais me consacrer à elle.
    Je ne sais pas si tu l'avais deviné mais... en t'envoyant un aller-simple pour New-York, je voulais que tu comprennes que je souhaitais que tu restes avec moi... Bref, dit-il en soupirant. Mais Suzanne a eu son accident, tu es arrivée et... même si je t'aimais, j'étais torturé par l'avenir de Suzanne.
    J'aurais du t'en parler mais je n'en avais pas le courage parce que... je... je crois qu'au fond de moi, je savais que tu te sacrifierais pour elle. Alors, j'ai préféré me taire et profiter de ces doux et tendres instants passés en ta compagnie, à oublier la réalité. Mais bien sûr, tu as fini par l'apprendre et... à la fin de la représentation, on m'a prévenu que Suzanne avait disparu...
    Et c'est toi qui l'as sauvée... Je t'en ai aimée tellement plus à ce moment-là. Et quand les médecins nous ont rassurés sur son état, elle a demandé à te voir... Et sans même me laisser le temps de te répondre, tu m'as dit que tu voulais rentrer à Chicago et tu es entrée dans sa chambre.
  • Terry, je ne sais pas s'il est vraiment utile de remuer tout cela...
  • Si, Candy, c'est utile ! dit-il en lui coupant la parole. Je ne sais pas ce que tu lui as dit précisément mais je m'en doute. Je te connais et je sais que tu t'es sacrifiée pour Suzanne et pour moi... Tu m'as évité de prendre la plus terrible des décisions et d'avoir à faire un choix ignoble et insupportable. Mais toi, tu as fait face à la réalité et tu as compris mon désarroi, mon indécision. Mais tu as su faire ce choix avec toute ta volonté, ta générosité et ton amour. Sans penser à toi une seule seconde. Tu as fait le choix de partir et tu es partie...
    Je sais que ça a été difficile pour toi... tu pleurais en sortant de sa chambre, tu pleurais dans ces maudits escaliers. Quand je t'ai serrée contre moi, c'est parce que je voulais un ultime souvenir de ce que je perdais et... j'ai cru que j'aurais autant de force que toi. J'ai cru que si tu pouvais partir sans même te retourner je pourrais être aussi fort que toi et... essayer de rendre Suzanne heureuse à défaut de l'être moi-même.
  • Si je m'étais retournée, dit Candy d'une voix étranglée par les larmes, je n'aurais pas eu le courage de partir... Et nous n'aurions jamais pu être heureux en sachant Suzanne seule et malheureuse ; mais quand je suis partie, j'ai eu la bêtise de croire que j'étais seule à en souffrir. J'ai su quelques temps plus tard que je m'étais lourdement trompée.
  • Nous avons tous les deux été stupides, Candy. Mais de nous deux, c'est moi qui étais le plus stupide. D'abord pour avoir eu la prétention de croire que je pourrais rendre Suzanne heureuse sans l'aimer mais surtout, pour t'avoir laissée partir, toi.
    Et puis, il y a un peu moins d'un an... Suzanne m'a fait une confession déroutante avant de me rendre ma liberté. Je dois t'avouer que je n'y ai pas vraiment cru au début... elle devait sortir de l'hôpital pour s'installer chez sa mère alors que je partais en tournée. Et puis elle reprenait le théâtre, elle allait jouer Iphigénie... ça faisait beaucoup de choses.
    Elle s'est excusée... beaucoup... elle est devenue presqu'aussi généreuse que toi... Elle m'a dit qu'aimer quelqu'un, c'était accepter de ne pas être aimé en retour et qu'elle voulait mon bonheur et le sien.
    J'ai fini par comprendre à quel point sa décision était définitive. Elle était tombée amoureuse de son médecin et lui aussi l'aimait... L'article qu'elle a fait paraître en janvier, c'était... un cadeau d'anniversaire pour que je comprenne que j'étais définitivement libre. Que j'étais libre et que je devais me dépêcher de te retrouver.
    Nous sommes restés amis, Candy. Allan, Suzanne et moi, nous nous voyons de temps à autres et je l'ai notamment vue avant de partir et elle m'a confié une lettre pour toi. Elle m'a fait promettre de te la donner, dit-il en lui tendant l'enveloppe.

Elle prit l'enveloppe alors qu'il s'emparait de son assiette et commençait à manger. Elle ouvrit la lettre et commença sa lecture sans remarquer que Terry l'observait du coin de l'œil.



"New-York le 30 août 1917

Chère Candy,

J'aurai voulu t'écrire bien plus tôt mais j'avais bien trop honte. Je t'ai blessée et trahie de bien trop de façons pour pouvoir espérer ton pardon mais je sais ta bonté alors j'espère qu'un jour tu excuseras mon égoïsme et mon aveuglement total.
Tu as dû l'apprendre par les journaux, en mars dernier j'ai épousé le docteur Allan Montgomery, je crois savoir que ton frère et Allan sont amis. Allan est un homme bien, tu sais. Grâce à lui, j'ai pu remarcher, j'ai pu reprendre confiance en moi et j'ai découvert que ma vie était loin d'être terminée.
Mais le plus important, c'est que j'ai appris que l'amour n'avait de valeur que s'il était partagé. Tu m'as appris que lorsqu'on aimait quelqu'un, quand on l'aime vraiment, on agit pour son bonheur sans penser à soi.
C'est pour cela que j'ai rendu sa liberté à Terry. Il le sait, je le lui ai dit et il a eu la bonté de me pardonner mes erreurs passées. J'ai souffert de ne pas être aimée de lui mais ce que je lui ai infligé en l'obligeant à rester à mes côtés était bien pire, bien plus horrible encore.


Grâce à toi Candy, j'ai aussi découvert que le véritable amour était pur et désintéressé. C'est pour cela que tu avais quitté New-York aussi vite, je le sais maintenant.
Mais il m'a fallu si longtemps pour le comprendre et je regrette infiniment ce que je vous ai fait endurer à Terry et toi. Vous vous êtes sacrifiés pour moi avec tant d'altruisme et de générosité que j'en reste admirative. Tu es un modèle de bonté, Candy, la plus belle personne qu'il m'ait été donnée de rencontrer et je comprend pourquoi Terry t'aime autant.


Terry nous a rendu visite aujourd'hui et il nous a annoncé que vous étiez fiancés. J'en ai pleuré de joie parce que je sais maintenant qu'entre vous, les choses sont rentrées dans l'ordre. Je te souhaite tout le bonheur du monde, Candy. Je vous le souhaite à tous deux, vous le méritez plus que quiconque. Un jour, je t'ai promis de le rendre heureux, mais je n'ai jamais réussi. Je n'avais rien compris mais je sais aujourd'hui que tu es la seule à pouvoir lui accorder la paix et le bonheur. D'ailleurs, je l'ai vu dans ses yeux quand il est passé nous voir, il est enfin heureux.


Il m'a promis de revenir pour prendre cette lettre que je veux qu'il te remette. Pardonne-moi, Candy, je regrette infiniment ce que j'ai fait et la souffrance que vous avez du endurer par ma seule faute durant si longtemps. Je regrette que tu aies enduré tout ça par pour satisfaire mon égoïsme d'enfant trop gâtée.
Je te présente mes plus humbles excuses et je ne cesserai jamais de m'en vouloir. Mais si un jour tu me fais l'honneur de me pardonner, j'espère que nous pourrons alors devenir des amies ou, tout au moins essayer.

Avec toute mon admiration, tous mes remerciements et toute mon affection,
mais surtout, tous mes voeux de bonheur,

Suzanne"


Quand elle termina la lecture de la lettre de Suzanne, Candy pleurait. Terry lui caressa les cheveux en l'attirant contre lui. La générosité et le cœur de Candy ne cesseraient jamais de le surprendre.
  • Il faudra que j'aille la voir quand nous serons à New-York, dit Candy tristement, mais je vais déjà lui écrire. Elle doit savoir que je ne lui en veux pas. Je dois le lui dire, Terry. Elle aussi a tellement souffert. Ce qu'elle a traversé et enduré, si jeune... je ne pourrai jamais la juger, Terry et elle mérite vraiment d'être heureuse.
  • Elle l'est, Candy, je t'assure qu'elle l'est. Allan l'aime tant, il la vénère, si tu le voyais. Et je crois même qu'elle l'aime bien plus qu'elle ne m'a jamais aimé. Et elle est heureuse.
  • Elle l'explique très bien dans sa lettre, dit Candy en regardant Terry. Aimer et être aimée en retour est la chose la plus merveilleuse du monde. Un amour qui n'est pas partagé est stérile, il rend amer et malheureux. Tu me promets que nous irons la voir ?

Terry regarda Candy avec un amour profond dans les yeux. Elle était si généreuse ; encore une fois, elle pensait aux autres sans prendre en compte sa propre peine.

  • Nous irons, je te le promets, dit Terry sérieusement. Candy, si je ne l'avais pas déjà fait, je crois que je t'aurais demandé en mariage en cet instant précis. Quand tu m'as dit à quel point l'amour que nous partageons est merveilleux.

Elle lui sourit tendrement, caressant son visage, ses cheveux. Le regard de Terry exprimait la paix, la sérénité et tant d'amour pour elle, rien que pour elle !

  • Ma réponse aurait été la même, Terry, lui dit-elle avec un radieux sourire. C'est oui !
  • Viens mon ange, dit-il en se relevant et en lui tendant la main.
  • On va où ? demanda Candy en prenant sa main pour le suivre.
  • Faire la sieste ! répondit-il en la soulevant dans ses bras.

Elle éclata de rire et l'entoura de ses bras, savourant d'avance les moments de plaisir que les yeux de Terry lui promettaient. Bien plus tard, il l'emmena déjeuner à Montmartre et ils passèrent le reste de l'après-midi à déambuler dans les rues de Paris en direction de la Concorde.

Ils retrouvèrent Éléonore dans le hall de l'hôtel un peu avant dix-sept heures. Elle proposa à Candy de les accompagner aux répétitions, ainsi elle découvrirait une partie des coulisses de leur travail. Malgré ses protestations, elle finit par céder devant l'insistance de Terry et de sa mère.
Elle appela l'hôpital et tomba sur Nathalie qui lui promit de prévenir Alistair et Flanny qu'elle ne passerait pas aujourd'hui. Avant de raccrocher, son amie lui souhaita de profiter au maximum de son congé.

*****

Paris, le 18 septembre 1917
Trois jours plus tard, elle accompagna Terry et Éléonore à la gare de l'Est. Ils partaient pour une courte "tournée" sur le front et seraient de retour une semaine plus tard.
Éléonore serra Candy dans ses bras avec force. La tendresse et l'affection qu'elle affichait pour sa belle-fille bouleversèrent la jeune femme qui eut les larmes aux yeux en la regardant monter dans son wagon. Éléonore voulait laisser au jeune couple le temps de se dire au revoir en tête à tête.
Terry serra sa femme dans ses bras et lui donna un de ces profonds baisers qu'il réservait habituellement à leurs instants d'intimité. Elle avait le souffle coupé et le visage écarlate quand il la relâcha mais elle plongea avec délices dans son regard iridescent.

  • Écris-moi tous les jours, murmura-t-il doucement, tu me donneras tes lettres dans une semaine.
  • Si tu me promets de le faire toi aussi, dit-elle avec un sourire.
  • Bien entendu que je te le promets, mon amour..

Elle écarta son col et ôta le crucifix que mademoiselle Pony lui avait donné autrefois avant de le passer au cou de Terry avec un immense sourire.

  • Il te protègera quand tu seras là-bas et tu me le rendras la semaine prochaine, dit-elle simplement.
  • Je t'aime Candy, dit-il en reboutonnant le col de la jeune femme avec un regard possessif.

Le chef de gare siffla le départ du train et Terry lui vola un dernier baiser avant de sauter dans le train qui démarrait. Elle regarda le train qui s'éloignait et sentit une boule de chagrin lui monter dans la gorge. Une main amicale se posa sur son épaule et elle se tourna pour trouver Alistair qui la prit dans ses bras.
Elle se serra contre lui avec soulagement. Elle ne pleurerait pas, Terry le lui avait fait promettre.

  • Je te trouve bien courageuse, petite Candy, dit-il doucement.
  • Regarde toutes ces femmes qui sont restées sur le quai, répondit-elle à mi-voix. J'ai une chance inouïe, Terry sera là dans une semaine et lui... lui, n'est pas parti là-bas pour risquer sa vie. Franchement, je n'ai aucune raison de me plaindre, Alistair. Mais... tu es venu ici juste pour moi ?
  • Oui, figure-toi que je me doutais qu'un peu de compagnie pourrait te faire du bien. Allez viens, dit-il doucement, allons rejoindre Flanny à l'hôpital, elle nous attend. Le docteur nous a annoncé de bonnes nouvelles. Nous aurons droit à cinq jours de congés d'ici deux semaines figure-toi... C'est ce qu'il appelle un congé exceptionnel de mariage ! ajouta-t-il en riant. Et j'ai bien l'intention de profiter du cadeau d'Éléonore et d'Albert !
  • Tu n'as aucune pudeur, Alistair Cornwell ! dit-elle en riant. Tu ferais honte à notre grand-tante Elroy si elle t'entendait !
  • C'est pas grave parce qu'il paraît que l'oncle William est nettement plus conciliant ! Et puis, ma grand-tante a pris sa retraite ! répondit-il en riant aux éclats.

*****

Deux jours plus tard, Candy découvrit qu'elle n'était pas enceinte. Cela la rendit un peu triste mais d'un autre côté elle ne pouvait pas abandonner son travail et ses patients. La guerre ne prenait pas de vacances, elle, et le retour à la dure réalité de son quotidien lui rendit sa combativité et son optimisme.
Elle savait qu'un sourire était un médicament efficace pour tous ces hommes qui étaient blessés dans l'âme tout autant que dans leur chair. Elle travailla d'arrache-pied durant une semaine et souhaitait négocier de ne travailler que l'après-midi durant les quatre derniers jours où Terry serait à Paris.
Mais le docteur Jones, le médecin-chef, lui fit la surprise de lui offrir quatre nouveaux jours de congé. Sans solde, avait-il ajouté avec un clin d'œil !

*****

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire