012 - Partie 1 - Chapitre 12 : Le parfum de l'été en Ecosse




ATTENTION

Ce chapitre comprend des scènes destinées à un public adulte.
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Atlantique Nord, Aquitania, 2 juillet 1921


Terry était en train de raconter une histoire à Kyle pour l'endormir. Le petit garçon adorait les histoires de son père, le réclamant systématiquement parce qu'il les racontait "mieux que maman". Candy sourit à cette pensée, Terry savait séduire et hypnotiser ceux qui l'écoutaient, y compris son propre fils.
Elle avait quitté leur immense cabine et traversé une multitude de couloirs pour aller déambuler sur le pont du paquebot qui devait les mener en Angleterre. Elle n'avait pas traversé l'Atlantique depuis son retour de France et était émue par les souvenirs qui l'assaillaient. L'Aquitania, sur lequel ils avaient embarqué faisait partie des paquebots qui avaient servi comme navire-hôpital durant la guerre. Elle s'accouda au bastingage et eut une pensée pour ses anciens patients dont certains avaient peut-être voyagé sur ce même bateau, mais dans des conditions bien moins luxueuses.
  • La nuit est claire, ce soir, il n'y a pas une once de brouillard, dit une voix masculine derrière elle.
  • Nous sommes encore trop loin de Londres pour qu'il y ait du brouillard et puis nous sommes au mois de juillet, pas en janvier, répondit-elle en se retournant avec un sourire.
  • Je savais bien que je te trouverais là... C'est la première fois, depuis ce fameux jour de l'an il y a neuf ans, que nous effectuons la traversée ensemble, dit Terry en la prenant dans ses bras.

Elle le regarda avec tendresse avant de poser sa tête sur sa poitrine avec un soupir d'aise.
  • Neuf ans depuis Saint-Paul... murmura-t-elle. Neuf années depuis ce bel été écossais, d'ailleurs. Cette période me paraît à la fois si proche et si lointaine !
  • Le temps passe très vite en ta compagnie, mon ange, bien trop vite. Quand on pense que Kyle a déjà deux ans et demi. Il grandit tellement vite. Je l'adore notre petit bonhomme, tu sais... il est si fougueux et si curieux de tout.
  • Il va me faire vieillir bien avant l'heure surtout ! dit-elle en riant. Il s'est vite endormi ?
  • Oui, mais entre l'excitation de la journée et l'air du large, il a eu une bonne journée, je crois ! lui répondit-il avec un léger rire. Mais tu as raison, il nous a bien fatigués, nous aussi !
  • Il est en adoration devant toi, devant tout ce que tu dis et tout ce que tu fais, tu l'as remarqué ? dit-elle en levant vers lui son beau visage souriant.

Il la regarda intensément avant de répondre.
  • Cette dernière tournée a duré bien trop longtemps, c'est ce que tu essayes de me dire ?
  • Elles durent toujours trop longtemps, répondit-elle sérieusement. Et tu nous as beaucoup manqué, c'est vrai aussi. Mais ce n'est pas ce que je voulais dire, Terry. Il t'aime, c'est tout. Et moi aussi. J'adore voir la fascination qu'il a pour toi, c'est aussi simple que ça. Mais j'imagine que je dois avoir à peu près la même expression quand je te regarde, alors forcément tu es blasé !

Elle avait souri en terminant sa phrase et il répondit à son sourire tout en résistant à l'envie de l'embrasser.
  • Non, blasé, je ne le suis pas, répondit-il à voix basse. Sentir ton amour et le sien, c'est... d'abord c'est extrêmement flatteur et infiniment agréable. Mais c'est toujours une merveilleuse et émouvante surprise, un incommensurable bonheur qui me bouleverse à chaque instant. Je n'arrive toujours pas à croire que c'est à moi que c'est destiné.
  • Et à qui d'autre que toi, Terry ?

Elle avait le sourire aux lèvres et il plongeait avec bonheur dans les étendues vertes de ses yeux.
  • Tu as toujours le visage plein de tâches de son, mon ange, dit-il en souriant.
  • Répète-moi ça, si tu l'oses ! dit-elle d'un air faussement fâché en le menaçant du doigt.
  • "Sur ta peau si tendre et si lisse,
    Dont ma bouche sait la douceur,
    Le soleil d’été, par malice,
    A mis des taches de rousseur.
    C’est tous les ans la même chose ;
    Et l’on dirait qu’il veut laisser
    Sur ton radieux teint de rose
    Une trace de son baiser.

    Mais j’aime tout de ce que j’aime ;
    Et ton front, si frais et si doux,
    M’attire davantage même
    Constellé de quelques points roux.
    Quand à mes lèvres tu le portes
    D’un geste amoureux, je crois voir
    La neige d’or des feuilles mortes
    Sur le ciel vermeil d’un beau soir"

Elle le regarda avec un air intrigué. Il venait de lui réciter un poème en français.
  • Tu veux que je te le redise en anglais ou tes années en France t'ont finalement servi à quelque chose ? lui demanda-t-il ironiquement.
  • Très drôle, Terry, dit-elle en lui donnant une petite tape sur l'épaule tout en fronçant les sourcils. Dis-moi plutôt de qui est ce poème, ajouta-t-elle doucement
  • Un poète français qui est mort il y a une dizaine d'années, répondit-il avec un sourire séducteur, il s'appelait François Coppée. Ce poème s'intitule "Taches de Son" et il est tiré d'un de ses recueils dont le titre est Arrière-Saison, et que j'aime beaucoup. Il y parle de son amour pour une jeune et jolie blonde au teint de rousse qui lui a pris son cœur. Ça m'a rappelé quelqu'un.
  • Ah oui ? dit-elle en se tournant vers l'océan. Je ne vois pas de qui tu veux parler...

Il resta derrière elle et l'enlaça en fermant les yeux, inspirant le parfum de ses cheveux.
  • Et de qui d'autre que toi, mon amour ? murmura-t-il en reprenant la phrase qu'elle avait prononcée quelques instants plus tôt.

Elle renversa sa tête pour l'appuyer contre la poitrine de son mari et leva la main pour glisser ses doigts autour de sa nuque. Elle avait fermé les yeux et avait le visage tourné vers lui.
  • N'était-ce pas toi qui m'a un jour dit que tu connaissais un coin tranquille où on pourrait flirter ? murmura-t-elle dans son cou.

Il éclata d'un grand rire franc tout en la relâchant. Elle se tourna vers lui avec une légère rougeur sur les joues et il l'entraîna en courant vers leur cabine.
  • Terry ! Mais... Tu es complètement fou ! s'exclama-t-elle en riant à gorge déployée.

Ils courraient dans les couloirs, ne ralentissant que lorsqu'ils croisaient d'autres personnes. Dès qu'ils étaient à nouveau seuls, ils pouffaient de rire comme deux adolescents et Terry l'entrainait à nouveau dans sa course effrénée. Ils étaient tous deux essoufflés en arrivant à leur cabine. Ils se précipitèrent à l'intérieur et Terry commença à l'embrasser avec fougue.
  • Attends ! Attends ! dit-elle en riant tout en essayant de se dégager des assauts de son mari. Terry !
  • Quoi ! Que j'attende quoi ! gronda-t-il d'une voix sourde en s'attaquant à sa robe.
  • Attends ! Je veux aller voir si Kyle va bien... S'il te plaît, Terry !

Elle réussit à se dégager mais il lui attrapa la main.
  • Tu as de la chance que ce soit mon fils ! dit-il en l'attirant vers lui. Allez, viens, je t'accompagne !

Ils entrèrent dans le salon de leur suite et ouvrirent la porte de la chambre de Kyle. Il dormait comme un bienheureux, tenant dans ses bras, le petit ours que lui avait fabriqué Sœur Maria. Terry embrassa la tempe de Candy et l'entraina par les épaules vers leur chambre avec une certaine émotion dans le regard.
  • Fais m'en un autre, dit-il doucement en refermant la porte sans la lâcher.
  • Que je te fasse un autre quoi ? dit-elle avec un sourire mutin en passant ses bras autour de sa taille.
  • Un autre enfant, Candy. Fais-moi un autre enfant, dit-il en glissant un doigt sous son menton.

Elle le regarda et il vit une foule d'émotions traverser ses yeux.
  • En fait, non... ajouta-t-il avec un petit rire, fais-moi plein d'autres enfants, mon ange.
  • On va déjà commencer par un, répondit-elle d'une voix très douce. Tu crois que tu te vas réussir à te rappeler comment on fait ?
  • Oh toi ! dit-il en la soulevant et en la jetant sur le lit.

Elle éclata de rire et il se jeta sur le lit à côté d'elle avant de l'étouffer de baisers. Elle commença à le déshabiller à tâtons alors qu'il s'était déjà attaqué à la fermeture de sa robe.
  • Espèce de petite peste ! murmurait-il à son oreille. Tu sais que je vais être obligé de sévir, maintenant. Il va falloir que je t'explique deux ou trois petites choses à propos de la méthode pour faire des enfants.
  • C'est un programme vraiment très tentant... dit-elle en lui ôtant sa chemise. Mais deux ou trois petites choses, tu es sûr que ça va suffire ?
  • Tu cherches à me rendre fou, c'est ça ? dit-il en lui retirant sa robe avec célérité.

Ils furent bientôt nus et il se plaça au-dessus d'elle en dévorant son corps de baisers. Elle le caressait avec ardeur en frémissant sous ses doigts. Quand il découvrit qu'elle était prête à le recevoir, il glissa en elle avec délices, lui arrachant un profond soupir de plaisir.
Quand il sentit la respiration de Candy s'accélérer rapidement, il s'arrêta aussitôt de bouger. Elle rouvrit les yeux avec une interrogation dans le regard.
  • Première petite chose, première punition, dit-il avec un sourire malicieux.

Elle allait lui répondre quand il reprit ses mouvements en elle, lui arrachant un long gémissement de plaisir. Il prit sa bouche de manière possessive, lui intimant sa volonté par le seul plaisir qu'il lui donnait.
Elle avait passé les bras autour de lui et enroula ses jambes autour de ses hanches en lui rendant son baiser alors que son cœur et sa respiration s'accéléraient dangereusement.
Dans un dernier coup de rein, il se retira complètement d'elle et elle gémit de frustration.
  • Terry, ne me laisse pas comme ça, je t'en prie, souffla-t-elle les yeux fermés. Reviens...
  • Deuxième petite chose, deuxième punition, murmura-t-il avant de lui mordiller le bout des seins.
  • Terry....

Il continua à ignorer ses suppliques tout en imprimant à son corps des caresses qui la faisaient frissonner violemment puis il la reprit sans ménagement, et il la sentit perdre pied. Il prit ses mains dans les siennes, lui bloquant les bras de chaque côté de la tête et il la sentit s'accrocher à lui avec vigueur.
  • Ouvre les yeux, Candy, souffla-t-il en haletant. Ou je te punis encore une fois.
  • Non !... pas, encore... gémit-elle en ouvrant sur lui des prunelles profondément troublées.

Le seul regard de Terry sur elle la fit chavirer. Elle étouffa ses cris dans son oreiller en se cambrant vers lui, vaincue par son propre plaisir et il la rejoint avec un sourd grognement qui se transforma en un long et profond gémissement. Ils restèrent enlacés sans bouger pendant un long moment, reprenant leur souffle en même temps qu'ils reprenaient contact avec la réalité et il se laissa doucement glisser à côté d'elle.
  • Tu es convaincue, murmura-t-il avec un sourire, ou tu veux encore des précisions ?
  • Tu es impossible, Terry, répondit-elle les yeux fermés. Je t'aime, tu sais... Je ne suis pas encore assez remise pour des précisions supplémentaires mais qui sait ? Il se pourrait que je t'en demande plus tard...
  • Autant que tu veux, dit-il en la serrant contre lui avant de l'embrasser langoureusement.

Il la garda contre lui et la sentit s'endormir rapidement avant de sombrer à son tour, le sourire aux lèvres.

*****

Ils arrivèrent plus tard que prévu à Southampton mais Richard avait tenu à les attendre pour les accueillir. Les retrouvailles entre le père et le fils émurent Candy, ils semblaient avoir reconstruit une relation empreinte de respect et d'affection mutuelle. Kyle était ravi de retrouver son grand-père dont il se rappelait les moustaches qu'il toucha du doigt en riant avant de le supplier de lui apprendre à jouer au croquet. Richard le serra contre lui avec émotion et lui promit de lui apprendre à jouer en réponse à la demande charmante du petit garçon.
En voyant la scène, Terry serra Candy avec émotion contre lui en embrassant son front.
  • Je ne te remercierai jamais assez pour tout ça, mon ange, murmura-t-il à son oreille.

Le soleil se couchait quand ils quittèrent Southampton et ils arrivèrent tardivement à Londres. Kyle, qui s'était endormi dans la voiture, fut cependant très excité de découvrir qu'il allait dormir dans la chambre qu'occupait son père lorsqu'il était enfant.

*****

Le lendemain matin, il se glissa dans la chambre de ses parents et s'approcha de sa mère qui s'était retournée en l'entendant entrer. Elle s'assit sur le lit et lui tendit les bras avec un grand sourire. Il se précipita vers elle et se blottit dans ses bras.
  • Ne fais pas de bruit, mon chéri, chuchota-t-elle. Papa dort encore et il est très fatigué.
  • Accord, répondit-il tout bas.
  • Tu sais ce qu'on va faire ? reprit-elle. Tu vas aller voir Nanny pour qu'elle t'habille, je vais m'habiller aussi et après le petit-déjeuner, on ira dans le parc. Ça te plairait, mon poussin ?
  • Oui, chuchota-t-il avec un sourire qui la faisait totalement craquer. Vais voir Nanny.
  • A tout de suite, chuchota-t-elle en l'embrassant avant de le reposer par terre.

Elle referma la porte et se dirigea vers une de leurs malles qu'elle ouvrit sans bruit.
  • Il est hors de question que tu quittes cette pièce sans m'avoir embrassé, murmura Terry.

Elle se tourna vers lui et vit qu'il n'avait pas bougé. Ses yeux étaient toujours fermés mais un sourire malicieux éclairait son visage. Elle avança doucement vers le lit et s'assit près de lui en souriant.
Il sentit les doigts frais de Candy caresser son visage et écarter quelques mèches avant de descendre vers sa joue et de glisser sur ses lèvres. Il embrassa ses doigts et posa une main légère sur sa cuisse. Alors qu'elle commençait à caresser son torse et son ventre déclenchant en lui des frissons de plaisir, il glissa sa main sous sa chemise de nuit et entreprit de la caresser entre les cuisses avec une infinie douceur.
Il sentit qu'elle le désirait déjà et la respiration de sa femme se fit presque aussitôt haletante. Il ouvrit les yeux pour la regarder, elle avait la tête légèrement renversée en arrière et les yeux clos. La main de Candy s'enroula autour de lui et il frémit longuement sous sa caresse.
Elle rouvrit les yeux et retira sa chemise de nuit avant de venir au-dessus de lui. Elle déposa une multitude de baisers sur son visage, ses lèvres, son menton avant de descendre dans son cou, puis sur son torse. Terry avait refermé les yeux et caressait le dos et les épaules de sa femme alors qu'elle lui faisait éprouver des sensations infiniment délicieuses avec sa bouche et ses cheveux qui l'effleuraient avec une douceur incroyable. Il se redressa et prit son visage dans ses mains pour la relever et l'attirer vers lui.
Il l'embrassa profondément et il entendit un gémissement sourd monter dans la gorge de la jeune femme. Il l'attira sous les draps pour se positionner au-dessus d'elle et il la posséda avec une infinie lenteur alors qu'elle gémissait dans son cou. Elle le supplia dans un souffle de bouger plus vite et il s'obtempéra avec ardeur. Ils atteignirent rapidement les cimes du plaisir et elle s'accrocha à lui avec force, le corps parcouru de spasmes tandis qu'il sentait une vague de plaisir intense lui exploser dans le ventre et les reins.
  • Candy, murmura-t-il essoufflé. Ne me quitte pas, tu m'entends ? Jamais !
  • Plutôt mourir ! souffla-t-elle en le serrant contre elle de toutes ses forces.
  • Tu n'as pas intérêt à me faire ce coup-là non plus, chuchota-t-il doucement.
  • Je t'aime, Terry, je n'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit qui m'éloignerait de toi. Tu es l'homme de ma vie, l'amour de ma vie... ne le sais-tu pas encore ?

Il la regarda en souriant, il se sentait déborder d'amour pour elle, ce bel ange blond qu'il avait épousé.
  • Candy, accepterais-tu encore de m'épouser, aujourd'hui ? dit-il en l'embrassant doucement.
  • Oh que oui, mon amour, et plus encore qu'il y a quatre ans.
  • Mmmmhh ! grommela-t-il dans son cou en la serrant très fort. Alors tout est parfait, mais... tu devrais y aller mon amour, si tu ne veux pas voir Kyle revenir ici pour nous surprendre complètement nus en train de nous livrer à la débauche...
  • C'est vrai, quel spectacle que ses parents totalement débauchés et dépravés ! dit-elle en riant.

Il éclata de rire et la regarda se lever et disparaître à la salle de bains avec ses vêtements.

*****

Un peu plus tard, il descendit en sifflotant prendre son petit-déjeuner sur la terrasse. Il y fut bientôt rejoint par son frère John, qui venait de fêter ses dix-neuf ans et qui poursuivait de brillantes études de droit.
  • Salut Terry ! dit-il joyeusement. C'est toi que j'entendais siffler tout-à-l'heure ?
  • Salut Johnny ! dit Terry en embrassant son frère. Et... oui, c'est moi qui sifflait. J'ai réveillé toute la maison, c'est ça ? demanda-t-il avec un soupçon de malice dans la voix.
  • Pas moi, en tout cas, j'étais dans la bibliothèque. J'ai pensé que c'était toi alors... comme j'avais envie d'une pause et que je reprendrai bien un café, j'ai sauté sur l'occasion pour venir te rejoindre.
  • Papa est levé ? demanda Terry en lui tendant une tasse de café avant de se rasseoir.
  • Oui, il est allé se promener dans le parc avec mon adorable neveu et ta femme qui, au demeurant, est fort charmante, dit John en souriant.
  • Oui, elle est très charmante et aussi très mariée, dit Terry en levant un sourcil.

John éclata de rire en voyant le regard que lui lançait son frère.
  • Ne t'inquiète pas, Terry. D'abord parce que je suis très content de ma vie ces derniers temps mais aussi parce que je pense que ta femme n'a d'yeux que pour toi.
  • Alors, comme ça, tu es content de ta vie ? demanda Terry avec un sourire en coin. Dis-moi tout !
  • Je vais faire mieux que ça, Terry, je vais te la présenter, elle vient dîner demain soir. Elle s'appelle Jane O'Reilly et elle est charmante et... enfin, tu la rencontreras, tu jugeras par toi-même.
  • Bien ! dit Terry. Tu as l'air de beaucoup l'apprécier, on dirait...
  • Oui beaucoup, dit-il pensivement. Terry, écoute, je... je n'ai jamais eu l'occasion de te le dire. J'aurais pu le faire quand nous étions chez toi, à New-York mais... Voilà, je voudrais te présenter des excuses pour le comportement qu'a eu maman vis à vis de toi. Tu sais...
  • Tu n'as pas à t'excuser, Johnny. D'abord, parce que tu n'y es pour rien, ce sont les règles de la société dans laquelle nous évoluons qui sont... stupides. Et puis, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est parce que les choses se sont passées ainsi autrefois que je suis heureux aujourd'hui. La vie que je mène me convient tout à fait et je ne voudrais rien y changer pour tout l'or du monde.
  • Je me rends bien compte que tu es heureux Terry mais j'avoue avoir quand même été surpris quand papa m'a annoncé que tu renonçais au titre de duc et à tous les avantages qui vont avec. En vérité, c'est le rêve de ma mère que tu as réalisé mais ce n'était pas le mien, Terry. Attention, je ne dis pas que la situation me pèse ou que je trouve cela désagréable mais..
  • Johnny, écoute-moi, le coupa Terry. Je n'ai jamais été destiné à ça... je veux dire qu'au fond de mon âme, j'ai toujours aspiré à autre chose, à une autre vie. C'est un choix que j'ai fait seul et je ne regrette absolument rien. Quant à toi, tu es parfait pour ça, alors tout va bien. Tu sais, ce n'est pas papa qui l'a exigé, John, mais moi qui lui ai expliqué que je ne voulais pas de cette charge quand il m'a dit qu'il ne m'avait pas déshérité ! Je n'ai aucune amertume, ni aucune rancœur, aucun regret et je sais parfaitement que tu n'avais pas les mêmes ambitions que ta mère mais tu assumeras cette charge bien mieux que je ne l'aurais jamais pu.
  • Alors tant mieux, Terry. Tu sais... quand nous étions plus jeunes, je t'ai toujours admiré en secret... Tu étais si indépendant, si libre et tu as toujours été très gentil avec nous.
  • Je n'étais pourtant pas très sociable, ni forcément très aimable... dit Terry pensivement.
  • Si tu veux mon avis, c'était plutôt compréhensible. Mais aujourd'hui, la différence est flagrante ! Et je me doute que la responsable de tout ça est la jolie blonde que tu as épousée...

Terry le regarda et ils éclatèrent de rire ensemble.
  • Elle est merveilleuse, dit Terry pensivement. C'est effectivement elle qui a fait et qui continue à faire de moi un homme meilleur. Tu savais que je l'ai rencontrée au Collège Royal de Saint-Paul ?
  • Papa m'en a parlé, répondit John. Vous avez du en faire voir de toutes les couleurs à la mère supérieure, tous les deux ! Tu sais qu'elle va prendre sa retraite et que c'est Sœur Margaret qui doit prendre sa suite ?
  • Ah ! Bonne nouvelle ! s'exclama Terry. Les élèves vont enfin pouvoir respirer, alors ! Sœur Margaret est une personne juste et humaine, ce qui n'était pas le cas de la mère supérieure.
  • Non, c'est sûr qu'elle est plutôt têtue ! marmonna John

Terry éclata de rire en écoutant les paroles de son frère.
  • Candy l'avait traitée de tête de mule et ça lui a valu une semaine en chambre de méditation !
  • Une semaine entière ! Wouaouh ! Et bien, j'ai une belle-sœur impressionnante, Terry !
  • Si ça peut te rassurer, elle avait trouvé le moyen de faire le mur et ça nous a valu à tous deux de très bons souvenirs et de bonnes rigolades ! dit Terry en souriant. Mais elle a aussi passé une nuit au cachot si tu veux vraiment connaître tous ses faits d'armes !
  • Tu étais déjà amoureux d'elle, à cette époque ? demanda John.
  • Totalement. Je crois que je suis tombé amoureux à l'instant où mes yeux se sont posés sur elle. Et tout ce que nous avons vécu ensuite n'a fait que renforcer ces sentiments, ajouta Terry.
  • Et pour elle aussi ? demanda son frère.
  • Je pense que oui... dit doucement Terry.
  • En tout cas, si on considère que tu l'as épousée cinq ans plus tard, on peut dire que tu as de la suite dans les idées, répondit son frère en souriant.
  • Les choses n'ont pas été toujours aussi simples, dit Terry. Mais nous sommes très heureux aujourd'hui, c'est vrai.
  • Tiens... on dirait qu'ils reviennent, dit John en voyant Kyle apparaître au bout de l'allée, immédiatement suivi par Richard et Candy qui discutaient.

*****

  • Candy... dit doucement Richard. Je vous ai bien mal jugée à une époque et je le regrette infiniment. M'avez-vous pardonné d'avoir été si dur envers Terry et vous ?
  • Vous avez laissé sa liberté à Terry, Richard... En faisant cela, vous avez gagné une totale immunité à mes yeux. Parce que j'ai compris que vous l'aimiez sincèrement. Vous ne l'auriez pas fait, sinon.
  • J'aurais pu l'aider...
  • Il ne vous aurait pas laissé faire ! dit Candy en riant. Vous devriez le savoir...
  • Vous avez raison, Candy, répondit-il en riant à son tour. Ne m'en veuillez pas, mais j'ai bien peur que ce soit moi qui lui ait légué cet orgueil...

Il se tut un instant et sembla perdu dans ses pensées.
  • Candy, reprit-il, vous... Vous ne semblez porter aucun jugement sur ma relation avec Éléonore
  • Elle est heureuse comme ça... c'est la seule chose qui compte à mes yeux. Et si vous êtes heureux aussi, alors je n'ai rien à y redire, bien au contraire.
  • Puis-je vous demander pourquoi vous n'en avez pas parlé à Terry ?
  • Parce qu'il s'agit d'une confidence que m'a faite Éléonore et... Et vous, maintenant, dit-elle en souriant. Je n'ai pas à porter de jugement sur votre relation, même si j'avoue approuver tout ce qui rend Éléonore heureuse... Pour ce qui est de Terry... vous le lui direz si et quand vous en avez envie. Mais je comprends que vous préfériez attendre que vos enfants soient plus grands.
  • Vous savez, je crois qu'il n'y aurait que ma fille pour me désapprouver... dit-il pensivement.
  • Elle est encore jeune... je comprends que vous souhaitiez la préserver. Elle a perdu sa mère et c'est déjà suffisamment difficile, dit Candy pensivement.
  • Pensez-vous que Terry le prendrait mal ? demanda-t-il soudain en se tournant vers elle.
  • Honnêtement ? dit-elle avec un sourire. Je crois qu'il le sait... Même s'il ne m'en a jamais parlé, je crois qu'au fond de lui, il le sait depuis le début... Et... je n'aurais peut-être pas dit ça il y a deux ans mais... je crois même qu'il en serait heureux.
  • Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? demanda-t-il curieux.
  • C'est difficile à dire mais... c'est la façon dont il regarde sa mère parfois. Et vous aussi, quoiqu'en ce qui vous concerne, je n'en sois pas si sûre. Terry est un être sensible aux gens qui l'entourent même s'il s'en cache bien. Et je suis persuadée qu'il s'est rendu compte de quelque chose.
  • Vous l'aimez beaucoup, n'est-ce pas ? Vous l'aimiez déjà quand je vous ai rencontrée il y a huit ans.
  • Je n'ai jamais cessé de l'aimer, dit-elle doucement. Et il me rend très heureuse, c'est un mari merveilleux et un père formidable pour Kyle, dit-elle avec un charmant sourire. Je donnerai ma vie pour lui et pour notre fils.

Ils arrivaient près de la terrasse et Kyle se jeta dans les bras de son père qui le serra tendrement contre lui.
  • Alors, cette promenade ? demanda John en souriant aux arrivants.
  • Je n'ai pas tout vu, mais... j'avoue que c'est une magnifique propriété que vous avez ici, dit Candy en souriant.

Terry, qui avait toujours Kyle dans les bras, s'approcha d'elle et déposa un léger baiser sur sa bouche avec un regard appuyé qui fit légèrement rougir Candy. Kyle éclata de rire et tendit le bras pour caresser la joue de sa mère qui rougit de plus belle.
La nourrice de Kyle arriva et emmena le petit garçon pour aller le changer. Terry proposa un siège à Candy et se rassit à côté d'elle en la dévorant des yeux.
  • Je te sers du thé ou du café ? lui demanda-t-il avec un sourire enjôleur.
  • Je veux bien une tasse de thé, s'il te plait, répondit-elle en souriant à son tour.
  • Et pour vous, papa, demanda Terry en se levant, thé ou café ?
  • Pour moi, ce sera également du thé, merci Terry.

Il servit deux tasses de thé et se rassit nonchalamment à côté de Candy en rapprochant négligemment sa chaise de la sienne. Elle sentait son genou contre le sien et son regard sur elle la faisait littéralement fondre. Ils discutèrent un certain temps en riant et Kyle revint avec Nanny quelques instants plus tard.

Candy qui regardait les trois hommes discuter avec plaisir se tourna vers lui et tendit les bras vers le petit garçon pour réclamer un bisou. Il courut vers elle et l'embrassa tendrement avant d'approcher sa bouche de son oreille.
  • Veux un câlin de papa... chuchota-t-il en souriant.
  • Et bien quand il aura fini de parler, tu pourras le lui demander, lui murmura-t-elle à l'oreille.
  • Accord ! dit-il avec un grand sourire.

Terry s'était détaché de la conversation pour les regarder et lorsque Kyle s'en aperçut, il se précipita vers lui avec un sourire charmeur.
  • Papa, câlin ! dit-il en tendant les bras vers son père.
  • Viens, mon petit loup, dit Terry souriant en lui tendant les bras.

Le petit garçon se jeta dans ses bras et Terry le serra contre lui avec vigueur en l'embrassant tendrement. Kyle rit de plaisir et redescendit des genoux de son père pour se diriger ensuite vers Richard.
  • Papy, câlin ! dit-il en tendant vers lui ses petits bras.

Richard fut profondément ému de sa demande et le prit dans ses bras avec émotion. Il lui proposa ensuite de commencer à apprendre le croquet et le petit garçon applaudit des deux mains.
Ils partirent alors en direction du petit cabanon où se trouvait le matériel avec Nanny sur les talons. John les quitta ensuite pour se rendre à un rendez-vous en ville.

Terry et Candy étaient restés seuls sur la terrasse et il ne la quittait pas des yeux. Elle regardait Kyle qui écoutait son grand-père avec attention.
  • Tu as vu les écuries ? demanda Terry en la regardant fixement.
  • Si j'ai bien compris ce que m'a expliqué ton père, elles sont à l'opposé du chemin que nous avons suivi ce matin.
  • Alors viens, dit Terry en se levant et en lui tendant la main.
  • Je ne suis pas en tenue pour faire du cheval, Terry...
  • Allez, viens, ajouta-t-il en l'entraînant avec lui vers le jardin. J'ai envie d'aller me balader avec toi.

Il avait passé un bras autour de sa taille et ils marchaient doucement vers l'arrière de la maison.
  • C'est ici que j'étais venu après que tu m'aies soigné à Saint-Paul... Je me souviens que le médecin m'avait dit que les premiers soins avaient été bien faits ! Ma petite Tâches de Son était déjà une excellente infirmière, dit-il en embrassant sa tempe.
  • Pourquoi tu ne m'as pas attendue, ce soir-là ? demanda-t-elle.
  • Mon ego et mon orgueil avaient été suffisamment blessés par le fait que tu me vois faible et malade, alors quand je me suis réveillé, j'ai constaté que je pouvais marcher... Je me sentais beaucoup mieux quand je suis parti. Et puis tu avais pris suffisamment de risques pour moi, je ne voulais pas que l'on me trouve dans ta chambre et voilà...
  • Espèce d'idiot, décidément toi et ton orgueil ! dit-elle en l'enlaçant par la taille à son tour.
  • Je m'améliore quand même, non ? répondit-il avec un sourire.
  • C'est beaucoup mieux, je dois bien l'avouer, répondit-elle avec un sourire. En tout cas, avec moi.

Ils arrivèrent aux écuries, qui étaient magnifiques et quand Terry l'entraina vers la grange à foin, elle comprit enfin ses intentions.
  • Terry, tu es insatiable, murmura-t-elle quand il l'allongea dans le foin, la respiration déjà courte.
  • Dis-moi que tu n'aimes pas ça et j'arrête tout de suite, ajouta-t-il en embrassant sa gorge sensible.

Quand ils sortirent de la grange, Terry aperçut le visage de sa femme devenir écarlate. Il rit doucement en la serrant contre lui tout en retirant un brin de paille qui était resté dans ses cheveux.
  • Monsieur mon mari, vous êtes un être impossible ! dit-elle en levant un regard amoureux vers lui.
  • Pourquoi ? murmura-t-il en approchant son visage du sien. Parce que tu n'arrives pas à me résister ? Parce que tu aimes nos intimes et langoureuses étreintes ?

Elle rougit à nouveau et il l'embrassa avec une possessivité ardente, qui la laissa sans souffle. Elle se serra contre lui et ferma les yeux de bonheur.
  • Je pourrais répondre oui à chacune de tes questions, Terry. Tu me fais vibrer à chaque fois que tu me regardes ou que tu me touches et c'est divinement bon... J'ai beau essayer de résister, je n'arrive pas à me contrôler... tu m'enlèves toute volonté et je sais seulement que j'adore ça.

Il glissa un doigt sous son menton pour l'obliger à le regarder.
  • Te rends-tu compte de ce que tu provoques en moi quand tu me parles comme ça, mon ange ? murmura-t-il doucement. J'ai l'impression à chaque fois que d'intenses bouffées de bonheur et d'amour explosent dans ma poitrine pour faire battre mon cœur à une vitesse insoutenable.
    Et je ne te parle pas du feu qui m'embrase les reins, ajouta-t-il à son oreille. C'est presque aussi bon que de te sentir crier de plaisir entre mes bras. Au point que je retournerai bien dans la grange...

Il l'embrassa à nouveau mais très doucement, cette fois. Prenant le temps de goûter sa bouche, sa langue, mêlant son souffle au sien dans une intime caresse.
  • Nous devrions rentrer, murmura-t-elle essoufflée quand il la relâcha enfin.

*****

Écosse, août 1921
Par un bel après-midi d'août, Candy et Terry prenaient le thé avec Richard qui les avaient rejoint en Écosse pour quelques jours. Ils étaient dans une pergola du jardin baignés par le doux soleil d'été. Au bout d'un instant de silence, Terry prit la parole en regardant fixement son père.
  • Dis-moi, papa, commença-t-il doucement, je comprends que vous vouliez garder cela secret pour John, Mary et Edward mais... Je ne comprends pas que maman et toi continuiez à me cacher que vous vous voyez régulièrement.

Richard et Candy étaient abasourdis par la déclaration de Terry et n'osaient dire un mot.
  • Ne me regardez pas comme ça tous les deux, reprit Terry. Parce que je suis sûr que tu le sais depuis longtemps, toi, dit-il à l'adresse de Candy. Si vous êtes heureux, papa, je n'y vois aucun inconvénient, je trouve juste dommage que vous vous en cachiez devant moi. Je ne suis plus un enfant et...
  • Terry, attends... dit Richard avant de lancer un regard à Candy. Tu as raison, ta mère et moi aurions du t'en parler plus tôt mais c'était... délicat. Ta mère est... Ellie est la seule femme que j'ai véritablement aimée. En la quittant, j'ai moi-même contribué à mon malheur, au sien et au tien.
    Ta mère m'a fait l'immense bonheur de me pardonner et de m'avouer que nous partagions toujours des sentiments très forts. Je... Je l'aime, Terry mais je lui ai aussi promis de respecter sa vie et ses choix et... elle ne souhaite pas s'installer en Angleterre mais il n'empêche que j'ai tout fait pour avoir une conduite honorable avec elle. Je... Pour être honnête, Terry, je craignais ton jugement et compte tenu de ma conduite passée, j'aurais tout à fait compris ton ressentiment face à la situation.
  • Je n'ai aucun ressentiment, ni aucun jugement à porter sur votre relation, dit doucement Terry. Maman n'a jamais eu une remarque désobligeante à ton égard et j'ai toujours su qu'elle n'avait jamais cessé d'éprouver des sentiments pour toi. Elle est heureuse comme ça et cela me suffit amplement. La seule chose que je te demanderai, c'est... de prendre grand soin d'elle.
  • Terry, répondit Richard, je n'ai pas l'intention de la blesser ou de me séparer d'elle. Quand nous nous sommes réconciliés, tu m'as expliqué que la vie nous offrait une seconde chance. C'est ce qui s'est également passé entre ta mère et moi et... En fait, c'est Candy que je devrais remercier, dit-il en souriant à la jeune femme. Sa lettre est arrivée et depuis je n'ai connu que des bonheurs...

Terry regarda Candy qui ne disait pas un mot, ce qui était assez inhabituel chez elle.
  • Et bien, ma chérie, lui dit-il narquois, je t'ai connue plus éloquente ! Mais tu as raison, papa, ajouta-t-il sans la quitter des yeux, cette femme ne fait que semer le bonheur autour d'elle. A propos, Candy, tu le savais depuis quand ?

Elle avait baissé la tête mais elle la releva pour le regarder droit dans les yeux avec une lueur d'amour infini dans le regard. Elle lui sourit et il se sentit envahi par une immense bouffée de tendresse pour elle.
  • Terry, tu as les yeux de ta mère, dit-elle doucement. Et ces yeux-là, je les connais très bien. Alors quand j'ai vu ces petites étincelles de bonheur au fond de son regard, alors que je ne les y avait jamais vues auparavant. Je veux dire, dans les yeux d'Éléonore... et bien, j'ai commencé à nourrir de sérieux doutes et... J'aime Éléonore comme si elle était ma propre mère et tu sais que nous nous voyons beaucoup, que nous discutons souvent et très naturellement, nous nous sommes fait des confidences, voilà tout.
    Terry, ta maman est une personne indépendante et elle mène sa vie à sa guise et... tu as longtemps cru qu'elle ne voulait pas qu'elle sache que tu étais son fils pour ne pas nuire à sa carrière. En fait, c'était uniquement pour vous protéger Richard et toi. Elle se moque de ce que l'on peut penser d'elle mais elle ne veut pas blesser les gens qu'elle aime. Et là, c'est pareil...
  • Je sais, Candy... Ne t'inquiète pas, je n'en veux à personne. Donc tu l'as su dès le début, et tu as gardé ce secret tout ce temps...
  • Terry, dit Richard, Éléonore a toujours su que Candy le devinerait immédiatement.

Terry se radossa à son siège en souriant.
  • Et bien, puisqu'on en vient au moment des confidences... je vous annonce à tous deux qu'Eléonore devrait arriver avant une heure, dit-il en les regardant tour à tour.

Richard avait relevé la tête et parut soudain très ému alors que Candy souriait à son mari d'un air entendu.

*****

Éléonore arriva une demi-heure plus tard et ils l'attendaient tous sur le perron. Terry avait un bras serré autour de la taille de Candy et il tenait Kyle dans l'autre.
Richard descendit les marches et ouvrit la porte de la voiture pour l'aider à sortir. Terry vit sa mère baisser les yeux pour tenter de masquer son émotion. Il vit Richard lui soulever le menton et déposer un baiser appuyé sur la bouche de sa mère qui ouvrit ensuite de grands yeux étonnés.
Elle posa ensuite son regard sur lui et il lui sourit tendrement. Elle grimpa les marches et embrassa joyeusement Candy avant de se tourner vers Terry. Kyle tendit les bras vers elle et elle le prit contre son cœur pour l'embrasser tendrement. Elle passa un bras autour du cou de Terry et l'embrassa sur la joue.
  • Tu aurais du m'en parler et je suis très heureux de votre bonheur, murmura-t-il pour elle seule.

*****

Quand eut lieu la fête du village, Terry et Candy s'y rendirent accompagnés de Kyle et de Mark, qui était devenu tisseur, tout comme son père. Kyle était assis sur les épaules de Terry et regardait passer les cornemuses en riant.
Candy les laissa pour aller acheter des confiseries. En se retournant pour aller rejoindre son mari, elle croisa un groupe de jeunes filles qui portaient un uniforme qu'elle connaissait bien. Elle chercha des yeux les sœurs qui les accompagnaient et se retrouva face à Sœur Margaret. Candy en eut les larmes aux yeux.
  • Sœur Margaret, c'est bien vous ? demanda-t-elle en s'approchant de la religieuse qui lui lança un regard très étonné avant de lui adresser un immense sourire.
  • Candice André ! Candy, c'est bien vous ! dit-elle avec émotion. Je n'en crois pas mes yeux !
  • Oh Sœur Margaret, ça me fait tellement plaisir de vous revoir, dit Candy en s'approchant d'elle et en lui étreignant les mains.
  • Candy... répéta-t-elle émue... Sœur Helen, raccompagnez nos élèves, dit-elle en s'adressant à sa consœur, je vous rejoindrai plus tard.
  • Bien, Sœur Margaret, répondit cette dernière. Allons, mesdemoiselles, ajouta-t-elle en s'adressant au petit groupe, suivez-moi voulez-vous, nous rentrons.

Candy les regarda s'éloigner avec émotion, repensant à ses propres jeunes années dans cet uniforme.
  • Comment allez-vous, chère petite Candy ? lui demanda Sœur Margaret.
  • Je vais bien, ma Sœur, répondit la jeune fille, je vais très bien. Je suis tellement émue de vous revoir et de voir ces jeunes filles. Vous savez, j'ai parfois, souvent, trouvé les règles injustes mais c'est en partie grâce au Collège Royal de Saint-Paul que j'ai ensuite pu suivre la voie que je m'étais tracée. Venez, dit-elle à la Sœur, marchons un peu, voulez-vous ?
  • De quelle voie parlez-vous, Candy ? dit Sœur Margaret en la suivant.
  • Après avoir quitté le collège, j'ai intégré une école d'infirmières et j'ai obtenu mon diplôme quelques semaines après le début du conflit en 1914.
  • Je suis très fière de vous, Candy, dit Sœur Margaret, vous avez choisi là un métier qui vous ressemble. Je vous aimais beaucoup, vous savez, vous étiez si gaie, si pleine de vie, peut-être un peu trop impétueuse mais tellement différente des autres. Je n'ai jamais oublié votre grand cœur et votre générosité, vous savez.
  • Moi non plus, Sœur Margaret, vous avez toujours été si compréhensive avec moi, dit la jeune femme en lui serrant les mains, les larmes aux yeux. Vous me rappeliez tant Sœur Maria, qui m'a élevée et m'a toujours considérée avec bienveillance et amour.
  • Vous avez changé, Candy, dit-elle avec un sourire. Vous avez traversé encore des épreuves après votre départ du collège, je le vois à vos yeux. Vous avez servi comme infirmière de guerre, n'est-ce-pas ? demanda-t-elle en la scrutant avec attention.
  • Je n'étais pas sur le front, dit doucement Candy. Je travaillais dans un hôpital américain à Paris et si d'autres infirmières ont été bien plus courageuses que moi, je dois bien avouer avoir vu suffisamment d'horreurs, de souffrances et de douleurs pour toute une vie.
  • Votre travail n'en était pas moins essentiel, Candy. Je sais l'abnégation qu'il faut pour faire ce métier. Il y avait aussi des hôpitaux ici à Londres, vous savez. J'ai eu l'occasion de m'y rendre bien des fois et croyez-moi, le travail de chacune d'entre vous était aussi important que si vous aviez été sur le front. De chacune d'entre vous.

Les deux femmes se serraient les mains avec émotion. Quand Terry les trouva enfin, il ne fut pas surpris de lire une réelle affection entre les deux femmes. Candy avait été et était toujours très différente de toutes les autres jeunes filles du collège. Sa bonté, sa générosité, son sens aigu de la justice et du sacrifice ne pouvaient laisser indifférent les personnes qui apprenaient à la connaître. Et Sœur Margaret avait toujours eu assez d'intelligence et de cœur pour avoir su voir qui était réellement Candy.
  • Et bien, Sœur Margaret, j'espère que vous n'essayez pas de faire pleurer mon épouse ! dit Terry en s'approchant le sourire aux lèvres.

Sœur Margaret fut stupéfaite en découvrant Terry, avec un petit garçon, qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, endormi dans les bras.
  • Terrence Grandchester ! Je n'arrive pas à le croire ! murmura-t-elle finalement.
  • Et le petit garçon endormi dans ses bras est notre fils, Kyle, ajouta Candy avec un doux sourire.
  • Alors, vous vous êtes mariés tous les deux ? répondit la Sœur Margaret.
  • Oui, ma Sœur, dit Terry en souriant. Candy m'a fait l'honneur d'accepter de m'épouser il y a quatre ans et de me donner un fils qui a maintenant deux ans et demi.

Sœur Margaret les regarda tour à tour et un immense sourire s'épanouit sur son visage.
  • Je dois vous féliciter alors, ajouta-t-elle finalement. Je suis sincèrement heureuse pour vous deux. Je regrette beaucoup ce qui s'est passé lorsque vous avez tous deux quitté le collège l'un après l'autre. Nous avons compris bien trop tard les manigances d'Elisa, j'en ai peur.
  • Ne dites pas cela, Sœur Margaret. Toute cette histoire nous a permis à Candy et moi de trouver notre voie et de la suivre. Nous ne l'aurions peut-être pas fait si nous étions restés au Collège. Et puis, pensez seulement que nous sommes tous deux extrêmement heureux ensemble. Si tout cela avait un sens alors la réponse dort en ce moment dans mes bras.

Sœur Margaret le regarda alors avec attention avant de rire doucement.
  • Vous aussi, vous avez beaucoup changé Terrence. En bien. Si je le disais à la Mère Supérieure, elle ne me croirait pas ! dit-elle en éclatant finalement de rire.

Candy éclata de rire à son tour, bientôt rejointe par Terry qui lui entoura la taille avec une infinie tendresse.
  • Et bien, mes enfants, dit finalement Sœur Margaret, vous avez illuminé ma journée ! Vous êtes de passage ici ou vous restez dans la région ? demanda-t-elle au jeune couple.
  • Nous sommes dans la propriété Grandchester jusqu'à la fin de l'été, dit alors Terry.
  • Alors promettez-moi de passer me voir un jour pour prendre le thé, ça me fera plaisir, dit la Sœur.
  • Avec grand plaisir, dit Candy. Vous pouvez compter sur nous.
  • Et amenez-le, je serai ravie de le rencontrer éveillé, ajouta Sœur Margaret en désignant Kyle.
Elle s'éloignait déjà et Candy la regarda partir avec une certaine émotion. Sœur Margaret se retourna alors et leur fit un signe de la main.
  • J'espère qu'il est aussi turbulent que l'étaient ses parents, leur cria-t-elle en riant. A bientôt !
  • Elle nous a souhaité du mal ou bien je rêve ? dit Terry avec un sourire.
  • Non Terry ! Et tu le sais très bien ! Sœur Margaret est quelqu'un de très bien ! Je crois qu'elle s'est seulement moquée de nous deux !
  • Bon alors, tu pars chercher des confiseries et je te retrouve avec une religieuse dans les mains ! dit-il finalement d'un ton moqueur.
  • Mais quel humour décapant, Lord Grandchester ! dit-elle en faisant semblant de le snober. Les voilà tes bonbons ! dit-elle en lui tendant un sac sous le nez. Et tu me feras le plaisir d'en laisser quelques-uns à ton fils, termina-t-elle en riant.

*****

A la fin de leur été écossais, Candy se sentit une nouvelle fois nauséeuse en se levant, comme tous les matins depuis près de deux semaines. Elle avait maintenant beaucoup de retard et elle sentait sa poitrine plus gonflée qu'à l'habitude. Elle posa une main sur son ventre en souriant, elle attendrait d'avoir vu son médecin à New-York et d'en être sûre pour en parler à Terry. Ils devaient repartir dans quelques jours et elle était ravie de rentrer chez elle. Et puis le bateau serait un excellent prétexte pour justifier ses nausées.

*****

New-York, le 14 septembre 1921
Lorsque Candy rentra de l'hôpital ce soir-là, elle était épuisée, mais elle avait deux jours de congé et elle était heureuse de retrouver sa maison et son mari. Ce soir, ils fêtaient leur quatrième anniversaire de mariage et Candy eut une pensée émue pour cette merveilleuse journée à Paris, quatre ans plus tôt.
Elle entra dans la maison et n'entendit pas un bruit alors qu'elle enlevait sa cape. Elle grimpa à l'étage et entra dans la chambre de Kyle. Il ne dormait pas et serrait son nounours contre lui.
  • Maman ! dit-il en ouvrant les bras. Bisou.
  • Oh oui, mon cœur ! dit-elle en le serrant contre lui. Maman a très envie d'un bisou aussi, tu sais. Je t'aime très très très fort, mon petit poussin.
  • Moi aussi, maman, dit-il avec un bâillement.
  • Il faut faire dodo maintenant, mon petit poussin. A demain, mon cœur, et fais de beaux rêves !
  • Oui, maman, à demain, murmura-t-il.

Elle l'embrassa encore et lui caressa les cheveux en le regardant s'endormir. Quand elle se releva pour se diriger vers la porte, elle aperçut Terry, nonchalamment appuyé sur le chambranle de la porte. Il la regardait intensément avec un tendre sourire sur les lèvres. Il lui tendit la main sans un mot et l'entraîna vers leur salle de bains. Quand elle y entra, elle vit qu'il avait fait couler un bain et installé des bougies pour adoucir l'ambiance. Elle ne disait pas un mot et il la déshabilla doucement. Quand elle fut complètement nue, il la souleva dans ses bras et la déposa dans la baignoire. Il prit une éponge et commença à lui laver le dos très doucement. Puis il lui tendit l'éponge avant de caresser sa joue.
  • Il y a une robe qui t'attend sur le lit, murmura-t-il doucement. Et moi, je t'attendrai en bas. Tu as une demi-heure pour te préparer mais je tolèrerai un léger retard.
  • Terry...
  • Ne dis rien ! dit-il en posant un doigt sur sa bouche. Détends-toi et prépare-toi à passer une agréable soirée en ma compagnie, c'est tout.

Elle le regarda disparaître vers leur chambre avec un grand sourire et elle s'allongea en soupirant d'aise dans le bain chaud qu'il lui avait préparé. Elle en sortit un quart d'heure plus tard et éteint toutes les bougies avant de se rendre dans leur chambre, seulement vêtue d'un drap de bain. Une somptueuse robe rouge carmin l'attendait sur le lit avec des jolies chaussures assorties à talons hauts.
Candy s'aperçut que la chambre était décorée de plusieurs bouquets de lys blancs. Elle sourit à cette attention, Terry avait fait en sorte que tout soit parfait. Elle s'habilla, prit le temps de se recoiffer et de se maquiller légèrement avant d'aller rejoindre Terry. Elle s'apprêtait à descendre l'escalier quand elle l'aperçut qui l'attendait au bas des marches. Il avait revêtu un élégant costume et lui tendit la main pour l'aider à descendre les dernières marches. Elle fut retournée par l'intensité du regard qu'il posait sur elle.
Il lui offrit son bras et elle le suivit jusqu'au salon. Il l'aida à s'installer sur le sofa et entreprit de déboucher une bouteille de champagne sans la quitter des yeux. Il remplit deux flûtes et vint prendre place à ses côtés en lui tendant la sienne. Il trinqua avec elle mais elle trempa à peine ses lèvres dans le verre.
  • Terry, mon amour, murmura-t-elle, j'ai bien peur de gâcher un peu ton programme mais c'est pour une bonne raison. Je ne vais pas boire ce vin délicieux que tu nous as préparé parce que... et bien, ces derniers temps, je suis un peu nauséeuse... tous les jours, en fait. Et ce champagne ne va pas beaucoup m'aider.
  • Tu es malade, Candy ? demanda-t-il inquiet.
  • Non, Terry, je ne suis pas malade, répondit-elle avec un immense sourire, je vais même extrêmement bien. Et si tu m'as bien regardée ce soir, tu auras vu que... je déborde un peu de cette robe sublime que tu m'as choisie.
  • Candy, tu es magnifique, dit-il la gorge serrée. Je ne comprends pas ce que tu veux me dire.
  • Ce que je veux te dire, mon amour, dit-elle doucement, c'est qu'au début du mois d'avril prochain, Kyle aura un petit frère ou une petite sœur.

Terry la regarda sans être sûr de bien comprendre ce qu'elle venait de lui dire.
  • Tu veux dire que... bafouilla-t-il en regardant successivement son ventre et ses yeux.
  • Oui, Terry... j'ai l'impression que le territoire britannique a un effet très bénéfique sur mes capacités de procréation, vois-tu ? Kyle à Londres et... ce bébé en Écosse

Elle avait pris sa main et l'avait délicatement posée sur son ventre. Elle vit les yeux de Terry se remplir de larmes et elle entoura son cou de ses bras pour se coller à lui et l'embrasser tendrement. Il l'entoura de ses bras et la serra contre lui en répondant au baiser de sa femme.
  • Tu attends un bébé, mon amour, murmura-t-il à son oreille. J'ai l'impression que c'est... C'est presque une première fois pour nous, Candy...
  • Je sais, Terry... j'ai tellement regretté de ne pas pouvoir te l'annoncer de vive voix pour Kyle.

Il la regarda dans les yeux et lui adressa un radieux sourire.
  • Merci, mon ange, chuchota-t-il. Je dois dire que comme cadeau d'anniversaire, tu ne pouvais pas mieux faire... Bon anniversaire, ma chérie, il y a quatre ans, tu as fait de moi le plus heureux des hommes et aujourd'hui encore, ça continue !

Il l'embrassa avec une infinie douceur tout en la caressant et en la serrant contre lui.
  • Maintenant, si tu crois que parce que tu ne bois pas de champagne tu vas gâcher notre soirée, tu te trompes lourdement, ajouta-t-il en la regardant intensément. Viens maintenant, un délicieux repas nous attend dans la pièce à côté.

Ils dînèrent dans une atmosphère très romantique et à la fin du dîner, il se leva pour se placer derrière elle en lui glissant un collier autour du cou.
Elle se leva et lui prit la main pour qu'il l'accompagne devant le miroir. Quand elle aperçut la rivière de diamants qu'il lui avait offert, elle posa une main dessus et poussa un cri de stupeur.
  • Terry, c'est beaucoup trop ! murmura-t-elle. Tu ne peux pas faire ça...
  • Je fais ce qu'il me plaît, répondit-il en lui embrassant le cou. Et j'ai très envie de te gâter, tu comprends ?
  • J'ai quelque chose pour toi, moi aussi, dit-elle en lui échappant avant de se rendre dans le couloir.

Elle sortit un paquet du secrétaire de l'entrée et retourna vers Terry qui l'attendait toujours devant l'âtre de la salle à manger. Elle le lui tendit en se dressant sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
  • Bon anniversaire, mon amour.

Il ouvrit le paquet qu'elle lui tendait et fut sidéré par l'ouvrage qu'il découvrit.
  • Candy... c'est... c'est une édition originale ! De Roméo et Juliette... mais !!!... Comment as-tu réussi à trouver ça ?
  • Peu importe... cette pièce est importante à mes yeux. Elle est importante dans notre histoire également. Elle nous a réunis puis séparés... Mais tu m'en avais récité un acte entier durant ce merveilleux été et... ça reste un souvenir magnifique pour moi. A mes yeux, tu seras toujours mon Roméo et je ne veux jamais l'oublier.
  • "Ah ! si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe ; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. Voyez comme elle appuie sa joue sur sa main ! Oh ! que ne suis-je le gant de cette main ! Je toucherais sa joue ! "

Elle lui sourit en entendant les vers qu'il récitait et elle se décida à lui répondre.
  • "En vérité, beau Montague, je suis trop éprise, et tu pourrais croire ma conduite légère ; mais crois-moi, gentilhomme, je me montrerai plus fidèle que celles qui savent mieux affecter la réserve. J'aurais été plus réservée, il faut que je l'avoue, si tu n'avais pas surpris, à mon insu, l'aveu passionné de mon amour : pardonne-moi donc et n'impute pas à une légèreté d'amour cette faiblesse que la nuit noire t'a permis de découvrir."

Il la regarda intensément, bouleversé de l'entendre prononcer les vers de Juliette.
  • Candy, si j'ai encore l'occasion de jouer cette pièce, je crois que c'est toi que je vais engager pour jouer le rôle de Juliette.

Il s'était approché d'elle et l'avait prise dans ses bras.
  • Je vais aller ranger ce merveilleux et précieux cadeau dans mon bureau mais je veux te retrouver ici à mon retour, dit-il en l'embrassant.

Elle le regarda tendrement et retrouva son reflet dans le miroir. Elle était arrivée épuisée mais il avait réussi à lui faire tout oublier ce soir. Elle se sentait belle, heureuse et toujours aussi éperdument amoureuse de lui. Il revint dans la pièce et elle rougit en le regardant approcher. Il lui sourit et la souleva dans ses bras pour l'entraîner dans leur chambre en grimpant les marches de l'escalier quatre à quatre.
  • Pourquoi ai-je l'impression que nous n'allons pas dormir tout de suite ? demanda-t-elle avec un sourire mutin quand il la déposa sur le lit.
  • J'ai l'anniversaire d'une fabuleuse nuit de noces à fêter, murmura-t-il en l'embrassant dans le cou. Un souvenir inoubliable en ce qui me concerne...
  • J'ai très envie de toi, mon amour, lui susurra-t-elle à l'oreille.

Il redressa la tête et lui jeta un regard brûlant de désir tout en lui souriant avec tendresse.
  • Bon... Il ne me reste plus alors qu'à redescendre fermer la maison et j'arrive, murmura-t-il. Je n'ai pas la moindre envie de te laisser mais... j'ai renvoyé tout le monde ce soir et j'ai bien peur d'avoir l'obligation, en tant que chef de famille, de m'assurer que tous les gens que j'aime sont à l'abri.

Elle se redressa sur un coude et prit une pose lascive en le regardant partir avec un sourire.
  • Dépêche-toi, murmura-t-elle en sachant pertinemment qu'il ne l'entendait pas. Tu me manques déjà.

Terry avait fermé l'entrée, éteint les lumières et il ramenait la vaisselle à la cuisine quand il croisa Jane.
  • Je croyais vous avoir donné votre soirée ? dit-il avec un sourire.
  • J'ai vu que vous étiez en train d'éteindre la maison, dit-elle avec un sourire. Allez vous occuper de votre épouse et je vais terminer ça. Cela me fait plaisir alors ne discutez pas et considérez cela comme un cadeau pour votre anniversaire de mariage, dit-elle en lui souriant.

Elle le poussa hors de la cuisine sans ménagements et il se retourna pour l'embrasser sur la joue.
  • Merci Jane. De ma part et de celle de Candy. Et ne vous couchez pas trop tard, voulez-vous ?
  • Allez vous-en, monsieur Terrence ! gronda-t-elle avec un sourire.

Il retourna vers le couloir et grimpa les escaliers pour regagner sa chambre.

Il entra, ferma la porte et trouva Candy assise devant sa coiffeuse en train de se brosser les cheveux. Elle lui sourit dans le miroir et retira son collier avant de se lever pour venir à sa rencontre.
Elle lui retira sa veste et sa cravate et entrouvrit sa chemise avant de s'agenouiller devant lui pour lui retirer ses chaussures. Il sourit avant de l'obliger à se relever.
  • Je devrais te laisser à mes genoux, dit-il avec un rire bref. Je ne risque pas de revoir ça avant longtemps mais... je crois que finalement, je te préfère debout et fière !
  • Terry ! dit-elle en levant une main qu'il attrapa aussitôt.
  • Je te l'ai déjà dit, mademoiselle Tâches de Son : jeux de mains, jeux de vilains !

Elle ne put retenir un franc sourire et elle lui prit la main pour le faire asseoir sur le lit. Il s'adossa aux oreillers et elle grimpa également sur le lit pour s'asseoir face à lui. Il lui prit la main qu'il porta à ses lèvres sans la quitter des yeux.
  • Terry, j'ai besoin de te parler, dit-elle doucement.
  • Tu m'as déjà dit que tu étais enceinte, mon amour, répondit-il avec un sourire.
  • Je sais Terry ! dit-elle en riant. C'est de toi que je veux te parler...
  • De moi ?!? J'ai fait quelque chose de mal ou quoi ?
  • Non tu n'as rien fait de mal ! C'est même tout le contraire ! ajouta-t-elle. C'est juste que je ressens le besoin de te dire plein de choses. D'abord parce que tu m'as manqué plus qu'à l'habitude durant ta dernière tournée et ensuite... parce que cet été en Ecosse, j'ai eu l'impression de revivre un rêve. Et puis c'est notre anniversaire de mariage et... il y a des choses que je ne t'ai jamais dites et que je veux que tu saches, à propos de nous, du passé et de ce que je ressentais pour toi.
    J'en suis maintenant certaine, tu m'as... intriguée dès le tout premier instant ; en vérité, je t'ai trouvé très séduisant... juste avant que tu ne décides de m'irriter profondément en te moquant de mon visage. Mais je sais désormais que ce côté agaçant et provocateur fait intégralement partie de ton incroyable charme. De mon point de vue, en tout cas.
    A mes yeux, tu étais à la fois ange et démon mais j'étais intimement persuadée que... non, j'étais certaine que tu étais aussi un être bon, sensible et généreux même si tu t'en cachais totalement. D'ailleurs tu me l'as prouvé à maintes reprises.
    Plus je passais de temps avec toi et plus j'avais la sensation que nos êtres étaient en harmonie, comme si je t'avais toujours connu. Même si je refusais de m'avouer que j'éprouvais des sentiments forts et sincères pour toi. En même temps, qu'est-ce que tu as pu me faire enrager ! Tu étais si imprévisible ! C'était si... agaçant !
  • Et je le suis toujours ? Imprévisible et agaçant ? demanda-t-il avec un sourire.
  • Je te le dirai plus tard, dit-elle en serrant sa main qui gardait la sienne prisonnière de ses caresses. Quand nous sommes revenus de ce premier été en Écosse, j'étais perturbée... D'abord, j'étais triste de retrouver le collège et tu ne te montrais pas non plus... Et puis, tu m'avais embrassée et c'était mon tout premier baiser. Sur le moment, j'ai eu la sensation que tu me l'avais pris, ce premier baiser, que tu me l'avais volé... Mais en vérité, je refusais d'accepter que j'avais adoré ces moments passés avec toi, dans tes bras, comme sur ce cheval ou quand tu as essayé de m'effrayer dans le manoir.
    J'ai aimé danser avec toi et j'ai aimé ton baiser, qui était pourtant si chaste, je le reconnais maintenant. En m'embrassant, tu as déclenché en moi une avalanche de sensations délicieuses puis déroutantes mais qui m'ont terrorisée.
    Et puis la lettre d'Albert m'a donné le prétexte que j'attendais pour venir te voir. Je me suis rendue compte bien plus tard que j'étais illogique, je mourrais d'envie de te voir, de passer du temps avec toi et en même temps, je t'en voulais encore pour m'avoir embrassée. Pendant que tu lisais sa lettre, je t'ai observé à la dérobée et j'ai compris combien je me sentais en paix à tes côtés, ça m'a tellement remuée. J'ai découvert que j'étais profondément heureuse en ta compagnie...
  • Mais il y a eu Elisa... murmura-t-il doucement. Je savais qu'il fallait que je regagne ta confiance, mais elle ne m'en a pas laissé le temps.
  • Quand tu es venu jouer de l'harmonica devant le cachot où j'avais été enfermée, cela m'a fait un bien fou. Mais je ne m'étais pas doutée qu'il s'agissait d'un véritable au revoir.
  • Ce n'était pas seulement ça, Candy, c'était une véritable déclaration d'amour. Je voulais que tu saches que je ne pensais qu'à toi, qu'il fallait que tu restes forte, sans perdre ton sourire, ce fabuleux sourire qui illuminait ma vie...
  • Quand on m'a libérée, j'ai été consignée dans ma chambre. J'ai du attendre la nuit pour sortir et venir te voir dans ta chambre et... j'ai découvert ces quelques lignes que tu m'avais laissées et j'ai appris par des bruits de couloir que tu prenais le bateau pour l'Amérique le lendemain matin.
    Alors je n'ai pas hésité et je suis aussitôt partie pour Southampton. Mais je t'ai manqué et j'en ai pleuré tout le chemin du retour... même si je ne l'avais pas vraiment formulé, l'amour que j'éprouvais pour toi venait de m'exploser au visage. Trop tard. J'avais hurlé ton prénom dans la brume, hurlé mon amour, mais ton bateau s'éloignait inexorablement de moi et de l'Angleterre.
    Alors te perdre toi, juste après Albert... ça a été trop dur. Vous aviez tous les deux choisi de suivre votre propre voie et j'ai fait la même chose. Et je t'ai croisé trop souvent sans jamais réussir à te rejoindre... pendant si longtemps... jusqu'à ce fameux hiver 1914 à New-York.
    Pendant les années qui ont suivi notre séparation, j'ai été hantée par le souvenir de ce moment où tu m'as rattrapée dans les escalier. Tes mains sur ma taille, la chaleur de ton corps contre le mien, ton souffle brûlant et tes larmes dans mon cou... je ne réussissais pas à oublier ça. Je crois que te quitter de cette façon a été le moment le plus difficile de toute ma vie. Et si je t'avais regardé, si je m'étais retournée... je n'aurais pas pu partir. Je n'en aurais pas eu le courage. Et il fallait que j'en ai du courage, pour toi, pour moi et pour Suzanne.
    Mais les mois, puis les années ont passé. Tout le monde me disait que le temps guérissait toutes les blessures... pourtant mon cœur me hurlait ton prénom chaque jour, chaque matin... alors je faisais semblant pour les autres. Il n'y a qu'Albert à ne jamais avoir été dupe. Il a été présent, il m'a donné son affection, m'a remonté le moral, il m'a soutenue et... il a été ma planche de salut. Je sombrais dans la mélancolie et la dépression quand il m'a emmenée en voyage.
    Et puis il y a eu ce 28 janvier 1917, le journal où Suzanne annonçait ses fiançailles et son mariage... Ma première pensée a été la colère, je lui en ai tellement voulu de nous avoir séparé pour te quitter et te faire souffrir ensuite... Et puis, Albert et moi en avons parlé... et les jours qui ont suivi, je n'ai pas cessé d'y penser. Je me suis prise à espérer que tu m'écrirais mais les jours passaient et il ne s'est rien passé. Albert a tenté de me suggérer de t'écrire mais je n'ai pas pu. Il y avait au fond de moi la peur viscérale de t'avoir perdu à jamais, que tu m'aies oubliée...
    En vérité, j'ai fini par penser que tu m'avais réellement oubliée... parce que tu ne m'avais pas écrit alors que tu devais forcément savoir pour Suzanne et Allan... et même si tu ne l'avais pas su avant la parution du journal, c'était maintenant le cas et... tu savais aussi que j'étais désormais au courant. Albert m'avait dit d'attendre la fin de ta tournée mais je n'ai pas pu. Je me suis persuadée que si tu ne m'avais pas déjà écrit c'est que tu n'en avais pas envie.
    Cela m'a fait énormément souffrir mais je ne voulais pas qu'Albert le voie alors qu'il était heureux et qu'il préparait son mariage avec Alexandra. Le mariage de Patty devait également avoir bientôt lieu et je lui ai dit que je voulais rentrer à Chicago plus tôt. Le reste, tu le sais... je me suis engagée parce que je ne pouvais plus supporter d'être en peine, il y avait tant besoin de personnel en Europe et moi... j'avais besoin de ne plus penser du tout.
    Et le soleil a fini par se lever sur mon cœur et sur ma vie parce que je recevais enfin de tes nouvelles... et ensuite, tout est allé très vite... Tu m'écrivais des mots si tendres, si doux, tu m'avouais ton amour,enfin, et c'est comme si tout le passé avait été balayé en une seconde. J'ai retrouvé cette paix que j'avais éprouvée à tes côtés à Londres juste avant ton départ. Je crois que je n'ai jamais été aussi optimiste et infatigable dans mon travail que durant cette période.
    Tu me manquais là-bas mais mon travail et toute cette souffrance autour de moi m'empêchaient de me plaindre. Tu m'aimais et tu étais à l'abri, j'étais sûre que l'avenir nous sourirait désormais.
    Et puis il y a eu Alistair, Flanny et cela m'a beaucoup préoccupée pendant un moment... Jusqu'à ce que le docteur Jones m'impose de prendre cinq jours de congés et que je décide d'en profiter pour pousser à Alistair et Flanny à s'avouer leur amour. J'étais assez fière du numéro que je leur avais joué et c'est à ce moment-là qu'une collègue m'a appris qu'on nous faisait une surprise et qu'Eléonore Baker jouerait au théâtre le lendemain et le surlendemain soir.
    Je crois que mon cœur s'est arrêté de battre à cet instant précis... J'ai couru jusqu'à la grille dehors et je m'y suis accrochée comme une naufragée. Je crois même avoir inquiété un ambulancier, ajouta-t-elle en riant. Et puis je suis allée marcher et mon cœur bondissait dans ma poitrine en espérant que tu pourrais être avec elle ou qu'Albert l'aurait accompagnée pour voir Alistair...
    Et puis, je me suis interdit d'espérer, j'avais trop peur d'être déçue et j'ai pris la résolution de retourner dans ma chambre pour prendre le temps d'écrire longuement à Albert et Alexandra à propos d'Alistair. J'avais envie de t'écrire aussi mais quand j'ai terminé ma lettre pour Alexandra, on est venu me dire que quelqu'un m'attendait en bas.
    J'ai pensé que c'était sûrement Alistair qui voulait me parler mais quand les concierges m'ont parlé du beau jeune homme qui m'attendait dans l'allée, j'ai pensé que cela pouvait vraiment être toi, ou Albert. Jusqu'à ce que je t'aperçoive et que le sang me quitte complètement...
    J'avais cru que ce serait plus facile de te revoir, c'était si facile par courrier mais voilà... j'avais bien devant moi le jeune homme dont j'étais tombée folle amoureuse mais entre-temps il était devenu un homme. Tu avais vraiment changé, tu étais plus grand, plus mûr, plus... encore plus séduisant que dans ma mémoire. Et ton regard, tes yeux, j'étais pétrifiée... Totalement pétrifiée alors que je m'étais imaginée tout-à-fait autre chose.
  • Qu'est-ce que tu avais imaginé, Candy ? demanda-t-il en souriant.

Elle lui adressa un merveilleux sourire plein d'amour et de tendresse. Depuis le début de son monologue, il ne l'avait pas quittée des yeux. Il avait gardé sa main dans la sienne, la caressant ou la serrant tout au long du récit qu'elle lui faisait. Il s'était légèrement redressé pour se rapprocher d'elle et lui caressait doucement les cheveux et la joue de sa main libre.
  • Dis-moi tout, mon ange, murmura-t-il de sa voix chaude et profonde. Comment avais-tu imaginé nos retrouvailles ?
  • Je m'étais vue plus... audacieuse, j'avais rêvé courir vers toi, te sauter dans les bras, rire avec toi, t'embrasser à nouveau, t'embrasser enfin. Mais en fait, c'était beaucoup mieux que tout ce que j'avais pu imaginer. Tu étais tellement séduisant, tes paroles ont été si belles, si douces, si tendres et tes yeux qui me disaient tant de choses. Quand j'ai enfin senti tes bras autour de moi, la chaleur de ton corps, j'ai complètement craqué.
    Et puis tes mots encore m'ont bouleversée, tes mains sur moi, les larmes dans tes yeux et enfin ton baiser. Et après toutes ces années d'attente... je me souviens juste avoir été totalement dévastée par une avalanche de sensations à la fois délicieuses et frustrantes.
    Ensuite, je crois que je me suis totalement laissée vivre et laissée faire, par toi, par ta mère aussi, jusqu'au lendemain soir. En vérité, j'ai vécu dans une tension grandissante dès que vous êtes partis pour vos répétitions mais j'avais la sensation d'évoluer dans une bulle de bonheur intense. J'avais tellement peur que tout cela ne soit qu'un rêve, j'avais si peur de me réveiller et que tout s'arrête.
    Le soir, j'ai enfin vu ta mère jouer, c'était la première fois que je la voyais faire son métier et elle a été tellement magnifique... et puis toi ! Tu étais si proche, si beau, si juste, que j'ai même ressenti des pincées de jalousie en te voyant jouer les jolis cœurs sur scène. C'était juste avant la cérémonie d'Alistair et Flanny. Et juste avant la nôtre.
    J'étais si émue, Terry... Te rends-tu compte que deux jours auparavant, je n'aurai même pas osé imaginer ça. Je sais aussi que toi non plus, tu n'avais pas forcément prévu que les choses se passeraient de cette façon mais pourtant... Et puis, Éléonore a été si généreuse et si prévoyante
    Quant à notre nuit de noces... Cela a été le début de tout le reste, comme une consécration de notre amour. Et depuis cette nuit-là, ma vie est merveilleuse. Cela fait quatre ans mais je n'ai rien oublié et toutes les années passées avec toi n'ont fait que rendre notre amour plus profond, plus sincère et plus fort.
    Je me sens plus amoureuse, plus complice de toi, plus femme, aussi. Et tout ce long discours n'aura servi qu'à te dire ça, je t'aime Terry, je t'aime infiniment.

Terry ne la quittait pas des yeux, bouleversé par tant d'amour.
  • J'ai l'air ridicule moi maintenant, avec mon insignifiante soirée romantique, murmura-t-il avec tendresse. Ce soir, j'ai eu droit à une femme fabuleusement belle, époustouflante et désirable qui m'offre un livre exceptionnellement rare, une déclaration d'amour incroyable et un bébé.

Elle lui sourit avec provocation et passa ses bras autour de son cou.
  • Tu es tout sauf ridicule, mon amour, chuchota-t-elle. Ce soir, j'étais épuisée et toutes tes délicates attentions m'ont agréablement détendue, c'était absolument parfait. Tout comme cette très jolie robe et ces magnifiques diamants bien trop chers que tu m'as passé au cou. Sans compter ce délicieux repas que tu nous as fait préparer et toi. Ta présence, tes attentions, ton regard, tes caresses, ton amour... je me sens belle, heureuse et aimée, il n'y a rien de meilleur.
  • Alors, tu n'es pas trop déçue par ton mari ? demanda-t-il dans un souffle.

Il s'était rapproché d'elle et leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres de se toucher.
  • Je ne serais déçue par mon mari que s'il s'abstenait de me faire l'amour ce soir, chuchota-t-elle. D'autant qu'il me semblait lui avoir déjà dit que sa chemise entrouverte sur son torse m'attire terriblement et que j'avais très envie de lui.

Il se pencha vers elle et prit ses lèvres très délicatement, l'une après l'autre. Elle avait la bouche entrouverte et il glissa sa langue dans sa bouche, dans une intime et profonde caresse. Elle posa ses mains sur lui pour lui enlever complètement sa chemise et il la relâcha après avoir embrassé son cou, juste derrière son oreille ce qui la fit gémir doucement.
Il se releva du lit pour ôter ses derniers vêtements et elle le regarda faire avec gourmandise. Il la désirait ardemment et elle lui tendit la main pour qu'il la rejoigne au plus vite. Elle était agenouillée sur le lit et sa robe s'étalait autour d'elle. Il lui embrassa les doigts et fit le tour du lit pour venir s'asseoir derrière elle. Il dégrafa sa robe avec une extrême lenteur, découvrant avec un sourire qu'elle était totalement nue dessous.
  • Quelle indécence, madame Grandchester, murmura-t-il en embrassant son cou délicat.
  • Je porte uniquement ce que tu avais prévu pour moi, monsieur Grandchester, répondit-elle avec un ton provocateur en tournant son visage dans sa direction. C'est toi l'unique responsable !
  • Tu ne m'as toujours pas dit si j'étais toujours aussi insupportable, imprévisible et agaçant, murmura-t-il en embrassant son cou délicat.
  • Et bien... Oui tu l'es ! Mais... je ne devrais pas te le dire mais j'adore ça ! dit-elle en riant. Tu es comme ça, Terry... un être imprévisible... et si j'ai pu trouver cela insupportable et agaçant, ce n'est plus le cas. Plus vraiment et... tant que je sentirai ton amour pour moi, tant que tu continueras à être le plus attentionné et le plus doux des maris, je pense que je continuerai à adorer ça !

Comme seuls au monde, ils se donnèrent l'un à l'autre comme des jeunes mariés et s'endormirent très tard dans la nuit.

1 commentaire:

  1. ce que vous avez écrit et magnifiquemoi je vous dis bravo , ça n'est que du bonheur , une suite très très belle merci à vous ,

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